Mascara

Huit peines à perpétuité au macro-procès des 24 indépendantistes sahraouis Tribunal militaire de Rabat



Le tribunal militaire de Rabat a prononcé, dimanche à l´aube, huit peines à perpétuité dans l´affaire des 24 indépendantistes sahraouis. Le reste des accusés a été condamné à des peines allant de 25 à 30 ans de prison. Ce groupe de jeunes Sahraouis est accusé du «meurtre et mutilation de cadavres» des 11 auxiliaires de police et gendarmes qui avaient violemment pris d´assaut, le 8 novembre 2010 à l´aube, le camp de protestation pacifique de Gdeim Izik, situé aux abords d´Al Ayoune.
«Vive le Front Polisario !»
Les inculpés ont écouté impassibles le juge prononcer cette lourde sentence. Puis les slogans fusent du box des accusés : «Vive le Front Polisario.» «Nous mourrons pour notre patrie.» Des slogans qui ont été entendus du début jusqu´à la fin du procès devant cette juridiction d´exception, ces slogans politiques réclamant le droit du peuple sahraoui à l´autodétermination et à l´indépendance. Dehors, une mise en scène avait été prévue pour faire contrepoids à ces slogans.
Des «familles des victimes» avaient laissé exploser leur joie à l´annonce du verdict contre les inculpés qu´ils accusaient de «criminels» et de «traîtres à leur pays». C´est ainsi que les perçoit d´ailleurs le tribunal militaire qui les a jugés comme des «Marocains» de droit commun, déniant ainsi tout caractère politique à cette affaire. Sur les faits dont ils sont accusés, leurs avocats ont fait valoir l´absence d´empreintes et de toute trace d´ADN sur les cadavres des victimes. Ils ont vainement exigé la rediffusion de la vidéo sur les affrontements entre la police marocaine et les 20 000 Sahraouis qui campaient en famille pour protester contre l´occupation de leur territoire.
Aucun des accusés n´apparaissait dans ce film. En revanche, la défense a apporté des preuves sur les tortures inhumaines qu´ils ont subies durant plus de deux ans de détention préventive à la prison de Salé et dans les commissariats de police en même temps que 200 autres de leurs compatriotes qui avaient été remis en liberté après plusieurs mois de mise au secret. Le magistrat a refusé d´ordonner l´ouverture d´une enquête sur la base de ces accusations documentées.
Brahim Dehane : «C´était prévisible !»
En fait, dans ce procès, le juge et les avocats ne parlaient pas le même langage. La justice militaire voulait à tout pris nier tout caractère politique de l´affaire pour faire l´impasse sur le fond du problème soulevé par les prisonniers : la revendication de l´indépendance du Sahara occidental.
Pour l´ex-détenu politique Brahim Dehane, qui assistait à ce procès aux côtés de nombreux observateurs étrangers et journalistes, «ce verdict ne me surprend pas, je savais que tout allait se passer ainsi dans ce procès politique aux normes militaires». Une observatrice espagnole, Miranda, est choquée par cette mascarade de procès. Pour elle, il sera difficile aux autorités marocaines de convaincre la communauté internationale que le Maroc est engagé dans la voie d´un «Etat de droit».
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