Et l’intérêt de l’étudiant?
L’opération de préinscription des nouveaux bacheliers a pris fin jeudi dernier à minuit. La démarche, qui devait être exécutée dans un intervalle de temps limité -du 10 au 19 juillet- avait été annoncée juste avant la publication officielle des résultats du bac. La planification, bâtie sur une projection, impliquait une bonne synchronisation des actions qui touchent à cet aspect très sensible pour l’étudiant qui s’apprête à franchir une nouvelle étape, s’en trouvera compromise, dès lors, qu’un des éléments -l’attestation de succès et l’affectation d’un code secret personnel- ne sont pas fournis, dans les temps, par l’administration. C’est ce qui vient, malheureusement, de se passer. Et en dépit du fait que certains étudiants n’ont obtenu le sésame que depuis quelques heures, ils étaient tenus de se préinscrire durant la période arrêtée et se comporter comme si tout s’était déroulé selon les prévisions des initiateurs de cette grande mascarade.Présentée comme étant révolutionnaire, du simple fait que l’étudiant devait recourir au Net, l’opération comporte des zones d’opacité qui font de la rentrée universitaire un gros bide, du moins concernant les lauréats 2007. Que cachent réellement cette pratique et ce dirigisme vers des filières au niveau desquelles de multiples obstacles ont été dressés? Qui a décidé que l’étudiant n’a pas le droit de choisir son avenir et qui a décidé de le choisir pour lui, en lui donnant une fausse illusion? Pourquoi certaines filières ont été, initialement, autorisées pour une même moyenne, pour disparaître par la suite? S’agit-il de la meilleure manière de souhaiter la bienvenue à des lauréats qui font une double entrée dans la vie adulte, la majorité légale et l’université, l’antichambre des futures élites? Autant de questions qui font le jeu des pécheurs en eaux troubles et qui donneraient à penser que tout le système a été conçu pour masquer des indues inscriptions. Un état de fait qui a poussé des centaines de bacheliers, déçus, à décider une inscription formelle pour ne se consacrer qu’au prochain bac qu’ils tenteront de décrocher avec de meilleurs résultats et échapper à un autoritarisme stalinien révolu. La meilleure manière aurait, probablement- été de laisser l’initiative à l’étudiant de choisir la manière de s’inscrire qui lui convient le mieux en privilégiant -parallèlement au langage électronique- le contact humain.
Permettre à l’étudiant à s’inscrire dans la filière de son choix, indépendamment, de la moyenne obtenue aurait libéré les énergies et amélioré un taux de réussite administré. Car un grand nombre de candidats, brillants tout au long de l’année scolaire, ont échappé à un échec certain parce qu’ils étaient obnubilés par cette moyenne qu’il fallait décrocher pour pouvoir réaliser un vœu. Que les pédagogues n’en rajoutent pas en enfermant le lauréat dans un choix cornélien qui le contraindra à développer un syndrome d’échec après avoir goûté à une joie éphémère.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com