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Gueule de bois



Gueule de bois
Les Algériens sont comme abasourdis. Parmi eux, ceux qui n'ont pas la chance et les moyens de parler publiquement.Les autres, ceux qui s'accommodent d'un pouvoir plus prompt à laisser filer de l'argent public qu'à les laisser s'exprimer, sont ravis. Nombreux, ils se recrutent dans les postes budgétaires parasitaires et à privilèges, dans bon nombre de positions où l'ordonnateur s'arroge le droit de "taxer" les clients et les sous-traitants de l'économie et du service public, et dans toutes les activités subventionnées ou informelles.Leur nombre, appréciable, illustre ce constat : l'intérêt national est souvent soluble dans l'avidité humaine. Ils ont conscience de participer à une mascarade qui nous vaut une avalanche ininterrompue de sarcasmes, mais feignent d'y opposer leur conviction alors qu'ils ne sont mus que par leur appétit.Le reste de l'Algérie, médusé, a de la peine à y croire et regarde autour de lui, à la recherche d'un signe qui le rassurerait sur le fait que cette histoire de quatrième mandat n'était qu'un lapsus. Ou une méprise d'un pouvoir qui va se ressaisir. Pour se consoler, il découvre alors un joker qui va remporter l'élection parce qu'il serait le véritable candidat du système. Mais, pourquoi, alors, ne pas se mettre à croire à un "démocratique" échec du quatrième mandat ' On aurait alors changé pour rien les ministres de l'Intérieur et de la Justice, le président du Conseil constitutionnel...Quand Ghoul et Benyounès appellent les militants de Taj et du MPA à s'engager en campagne pour le quatrième mandat, "combien de divisions" pensez-vous qu'ils comptent mobiliser ' Ils savent bien, eux tout comme Saâdani et Bensalah, que ce n'est pas leur faiblesse politique qui fera leur défaite électorale.L'élection, en Algérie, n'est pas une affaire politique. Mais juste une mise en scène préconçue et exécutée par le pouvoir, ses acteurs et quelques figurants rétribués ou bénévoles. Si les Algériens sont, en partie, sidérés, c'est justement parce qu'ils ne croient pas au poids de leur voix et, dès lors, ne croient plus en la politique. Leur attitude est le résultat d'un long processus de "dépolitisation" de la société. Cela fait quinze ans que la société ? et ses élites d'abord ? et le pouvoir ont contracté un pacte avec le pouvoir : "Ne faites pas de politique ; on vous assure la paix." C'est cela la réconciliation nationale : "Si vous voulez que les terroristes cessent de vous terroriser, laissez-nous faire." Les Algériens sont invités à exprimer leur bonheur dans un patriotisme exalté, mais dépolitisé du type "maâk yal Khadra !" Et si, en plus, il y a de l'argent pour presque tout le monde... Un peu moins maintenant, si l'on en juge par le coup pour rien de la dernière "tripartite".Depuis, les militants démocrates ? devenus vraiment résiduels, pour ceux-là ? ont subi le bâillon et la répression dans l'isolement.Sans réflexes politiques, cette partie de l'Algérie, qui se réveille brusquement à la veille du quatrième mandat, est désemparée. Elle espère alors qu'"on" comprenne son désir, largement justifié, de changement.En ne comprenant pas pourquoi le pouvoir ose une telle invraisemblance, la société découvre, avec un certain malaise, que cela n'a été possible que parce que le régime l'a, depuis si longtemps, dévitalisée.M. H.musthammouche@yahoo.frNomAdresse email


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