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Grine en "guest-star"à la librairie du Tiers monde



Grine en
Une dédicace, quelques mots et beaucoup de chaleur humaine (photos Fouad-Horizons)Après 4 ans d'absence de la scène littéraire, l'ex-ministre de la Communication a fait son grand retour avec son roman intitulé Clandestine. C'était samedi dernier à la librairie du Tiers monde pour renouer avec son «péché mignon» qui est le contact avec les lecteurs. Nous l'avons suivi dans cette rencontre dédicace pleine de surprises. Appréciez- plutôt...
Samedi 18 novembre, un soleil radieux règne sur la capitale. La place mythique Emir- Abdelkader grouille de monde. Il est 13h30, quand un homme à la chevelure blanche et au beau costume bleu débarque dans la très connue librairie du Tiers monde.
Les badauds le regardent avec curiosité, le visage de cet homme à lunettes leur est familier, alors que les connaisseurs se bousculent à l'entrée de la librairie pour être les premiers à accoster ce mystérieux bonhomme, qui n'est autre que l'ex-ministre de la Communication, Hamid Grine.
Libéré de ses obligations gouvernementales, il replonge dans le monde merveilleux de la littérature, en offrant à ses lecteurs un nouveau livre intitulé Clandestine publié aux éditions Casbah. Et justement, Hamid, comme aiment l'appeler affectueusement ses fans, était là pour une séance dédicace de son roman. Cette séance était prévue pour 14h30, mais Grine était là une heure à l'avance, histoire de se rappeler du bon vieux temps avec son ami de toujours, le libraire Ali Bey. Mais ses retrouvailles ont été de courte durée! A peine le temps de saluer son ami, que les premiers admirateurs faisaient déjà la queue, Clandestine à la main!
La foule fait avancer la séance!
L'auteur, qui semblait être impatient de renouer avec le contact du public, a avancé la séance de dédicace de plus de 45 minutes. Tout heureux de voir autant de monde pour un retour à la vie littéraire, près de quatre ans après son dernier exercice du genre, l'écrivain s'est pris de familiarité avec les présents. Il a fait la bise à certains et s'est même pris à l'humour en lançant quelques petites blagues à d'autres. Cela a grandement fait plaisir aux présents qui ont été surpris par l'humilité et la simplicité de l'auteur qui n'a pas pris la grosse tête, malgré les hautes responsabilités qu'il a eu à occuper. Le décor était donc planté pour de longs débats où Hamid Grine a pris le temps d'expliquer à chacun des présents la trame du roman.
«On est au début des années 2000. Selim est dermatologue. Il vit seul depuis qu'il a été abandonné par son épouse Laurence, repartie en France. Un jour, il reçoit dans son cabinet, Hayet, une jeune fille travestie en homme. Elle lui fait une surprenante demande. Elle veut qu'il lui fasse l'ablation des seins, car elle souffre de leur compression avec des bandes, pour continuer à travailler comme mécanicien dans un garage où elle se fait passer pour un homme. En dépit du fait qu'il apprend que c'est une rescapée d'une tragédie, il refuse et l'oriente vers une amie psychologue», raconte-t-il sous l'oeil ébahi de ces amateurs de lecture. «L'irruption de Hayet le fait sortir de sa bulle. Il prend conscience de la tragédie qu'a connue son pays. Après quelque temps, pris de remords, il part à la recherche de Hayet à Bentalha. Il fait la connaissance de Wafa l'ex-enseignante de Hayet. Wafa, Algéroise de bonne famille, victime de son fiancé terroriste, s'est exilée à Bentalha pour survivre au rejet de sa famille. Commence alors une quête sur les traces de Hayet dont il découvre l'histoire: du massacre de sa famille à sa fuite à la faveur d'un bombardement du camp de terroristes en passant par son état d'esclave sexuelle de l'émir...», ajoute-t-il avec passion en invitant chacun d'eux à lire la suite pour découvrir la profondeur de l'oeuvre.
Un moment privilégié avec des enfants...
Après leur avoir mis l'eau à la bouche, Grine prend son beau stylo pour parapher une belle dédicace personnalisée à chacun d'eux! «Je suis de Mascara. J'ai fait le déplacement spécialement pour rencon-
trer Hamid Grine. Je suis un grand fan de cet écrivain depuis les années 1980 et son best-seller qui retrace la vie de Lakhdar Belloumi, un enfant de ma région», fait savoir Daho qui jubilait comme un petit enfant d'avoir entre ses mains une dédicace de l'un de ses auteurs préférés. En parlant d'enfants, d'ailleurs certains parents ont amené avec eux leurs bambins pour rencontrer ce romancier qui ne s'est pas privé de les faire profiter de ce moment privilégié. Il les fait asseoir sur la chaise à côté de lui, discute avec eux, leur donne des conseils pour devenir écrivain ou pourquoi pas ministre...
Les enfants sont ravis! «C'est la première fois de ma vie que je rencontre un écrivain, et c'est la première fois que je rencontre un ministre que je voyais à la télévision», rapporte une petite fille d'un air angélique, avec un petit défaut de langue, en promettant de lire ce livre et plein d'autres. «Partheque (parce que'', avec le petit défaut de langue de la petite; ndlr) le monsieur m'a dit que la lecture va m'aider à réussir», assure-t-elle d'un air surexcité.
Nesrine, une quinquagénaire victime du terrorisme a tremblé en tenant ce livre, car «c'est le premier à avoir pour trame le massacre de Bentalha perpétré par les hordes terroristes du GIA en 1997». «C'est un sujet qui me tient vraiment à coeur, j'ai hâte de lire ce livre qui, d'après ce que j'ai compris, montre de façon romancière les terribles stigmates de la décennie noire», fait-elle savoir avec une grande émotion. Pendant ce temps-là, Grine poursuivait ses dédicaces, la librairie continuait de recevoir du monde au point où elle a paru trop exiguë pour accueillir cette grande foule. Les livres se vendaient eux à la chaîne, ils ont dû se mettre à deux pour pouvoir répondre à la demande. «Clandestine se vend très bien!», s'exclame Ali Bey aux journalistes de la presse écrite et audiovisuelle qui se bousculaient eux aussi pour avoir les impressions de leur ex-ministre. Ce qui l'a contraint à «suspendre» par moments les dédicaces pour répondre aux questions de ceux qu'il qualifie de collègues. Ces pauses n'ont en rien altéré la patience de ses fidèles lecteurs, qui ont attendu patiemment que les journalistes le «libèrent».
Le temps passait vite sans que la libraire ne désemplisse. Hamid Grine a eu même droit à de petits cadeaux et de bons cadeaux, d'amis et fidèles lecteurs qu'il était heureux de revoir. Des personnalités du monde littéraire et des médias ont aussi tenu à marquer leur présence, il y avait même l'humoriste, Hamid Achouri, qui a entraîné deux amis à lui à cette rencontre littéraire. Il était passé 17 h, la séance qui devait durer 1h30 n'était pas encore finie.
Au grand bonheur d'un Hamid Grine qui profitait de chaque instant comme si c'était le...premier!
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