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Gaz de schiste



Gaz de schiste
Un puits de forage du gaz de schisteDans l'une de ses recommandations, le rapport insiste sur le dialogue: «(...) on ne peut pas imposer par la force aux populations une décision, si bonne soit-elle.»Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, n'est plus dans le brouillard. Après une entame chaotique dans l'océan du gaz de schiste, M.Sellal s'est doté d'une boussole à même de lui indiquer le rivage. Une quarantaine d'experts algériens et étrangers sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul -expert indépendant-, se sont penchés sur ce dossier épineux et ont établi un rapport volumineux de 700 pages qui donne une vision claire au gouvernement sur ce dossier. Première assurance pour M.Sellal. Selon ce document, il y a désormais d'autres techniques nouvelles pour l'exploration du gaz de schiste. Ces techniques sont celles de l'hélium et du carbone, très coûteuses certes pour le moment, mais qui ne font pas recours à l'injection de l'eau dans les puits. De plus, elles économisent près de 85% des produits chimiques utilisés actuellement. Ces techniques sont en cours d'expérimentation aux Etats-Unis où 6000 puits ont été forés et au Canada avec 2000 puits. Ainsi, le rapport situe l'exploitation de cette source d'énergie, si les conditions sociales sont réunies, entre 2020 et 2025. Pour ce faire, le rapport remis au Premier ministre contient des recommandations précises. La première d'entre elles, tient au dialogue permanent. «Partant du fait que personne n'a le monopole du nationalisme et de la vérité, on ne peut pas imposer par la force aux populations une décision, si bonne soit-elle.» Le recours à la force pour effectuer des forages pour le gaz de schiste est donc exclue par les experts. Une deuxième exclusion concerne cette fois-ci la compagnie pétrolière Sonatrach. «Il ne faut plus laisser aux dirigeants de Sonatrach la communication de ce dossier sensible», insiste le rapport. Seul le président de la République, le Premier ministre et le Ministre de l'Energie, selon le rapport, devraient s'exprimer, les autres départements devant s'abstenir afin d'éviter les interférences. Interrogé sur ce point précis, le professeur Mebtoul a expliqué que le but de cette décision est de «protéger Sonatrach des aléas politiques». A ce titre, pour éviter les débats stériles, les experts ont proposé la création d'une institution indépendante, sous l'autorité soit du président de la République ou du Premier ministre, chargée de suivre le dossier. Cette institution devra faire des propositions concrètes en veillant notamment à la protection de l'environnement, de l'eau. Il est stipulé également dans le rapport la création d'une commission indépendante tissant des relations étroites avec les organismes internationaux spécialisés: des experts indépendants représentants de la société civile de la région où serait opérée éventuellement l'expérimentation, des experts de l'opposition qu'il sagit également d'écouter sur la base d'arguments scientifiques et non idéologiques. Dans leur majorité, les intervenants dans ce document de base, ont estimé que le gaz de schiste «peut être une opportunité pour l'Algérie, qui doit évaluer ses potentialités, mais ne devant écarter aucune autre source d'énergie actuelle ou nouvelle, dont les énergies renouvelables, contenues dans les actions du gouvernement». L'objectif stratégique est de s'orienter vers un mix énergétique. Le rapport axe également sa réflexion sur l'efficacité énergétique tant au niveau des ménages que dans tous les secteurs dont le Btph-transport. Les experts appellent à définir donc le futur modèle de consommation énergétique.Le rapport est parti de l'idée de privilégier d'abord, les intérêts de l'Algérie entourée par une ceinture de feu en raison des événements sécuritaires à nos frontières et au vu des bouleversements que subit le marché énergétique. Ce document est de ce fait un outil de travail pour nos dirigeants appelés à prendre des décisions justes et équilibrées. L'énergie étant au coeur de la sécurité nationale, comme dans tout pays, l'Algérie doit évaluer ses réserves réelles, respecter l'environnement et la protection des nappes phréatiques et tenir compte de la rentabilité économique.Abdelmadjid Attar à l'expression«Cette énergie est incontournable»L'Expression: M.Attar en votre qualité d'expert, ne pensez-vous pas qu'il y a trop de bruit, trop de «pollution» et de confusion autour de cette question de gaz de schiste'Abdelmadjid Attar: Je dirai même plus que trop. C'est devenu une véritable mascarade. C'est un problème technique qui doit être discuté et traité par les experts et les spécialistes du domaine. Je suis certain qu'avec un minimum de décisions, on pourra régler toutes les questions qui suscitent la crainte des citoyens.Aussi simple que ça' Quelles sont ces décisions'La première décision consiste à convaincre les opérateurs, voire les contraindre par la force de la loi à prendre des mesures techniques très strictes dans la cimentation des puits. Je vous affirme que de par le monde entier, 90% des accidents et des problèmes viennent de la corrosion due essentiellement à la mauvaise cimentation.La deuxième précaution à prendre et de manière stricte également est d'exiger des opérateurs de traiter les eaux en surface. C'est un problème très sérieux au plan environnemental, puisque ces eaux utilisées dans les forages, une fois remontées en surface, sont chargées d'éléments chimiques qui peuvent être nuisibles pour l'environnement. Le risque vient des boues et des mazouts contenus dans ces eaux. Il ne faut pas stocker ces eaux dans des grottes ou des coins exposés à l'air libre comme c'est souvent le cas. Il faut un traitement très sérieux et dans les normes universelles. Il faut mettre en place les moyens adéquats pour observer ces deux règles de manière stricte. Tout le reste, absolument tout le reste c'est tiré par les cheveux.Mais M.Attar, vous passez outre la pollution des nappes albienne et phréatique en utilisant la fracturation hydraulique'Je vous répète que dans ce cas, la précaution stricte à prendre est celle de la cimentation parfaite des puits de forage sans plus ni moins.Et les centaines de produits chimiques qu'on injecte dans les puits'Au début il y avait effectivement entre 30 et 50 produits chimiques qu'on utilisait. De nos jours on en utilise moins de 10, je dis bien 10. Je souligne et j'insiste: aucun des 10 produits n'est nuisible. Je vous donne un exemple très simple pour bien vous expliquer ce que j'avance. Pour éviter des dépôts de calcaire dans les piscines, on utilise l'acide chlorhydrique. Si maintenant vous prenez cet acide chlorhydrique et vous le versez sur quelques fleurs, il est évident qu'il va les brûler. Ou alors vous le servez dans un verre à quelqu'un, il est clair que le buveur aura une sévère diarrhée.Mais quand vous le versez à une certaine dose dans l'eau de la piscine, il sera dilué et n'aura aucun effet nocif sur votre santé. C'est la même chose pour les 10 produits utilisés dans la fracturation hydraulique. Une autre précision: il y a une liste de 100 produits parmi lesquels on sélectionne une dizaine selon la nature et le type de roches. Les caractéristiques sont différentes, donc on sélectionne 10 parmi la liste de 100 produits. Vous saisissez l'amalgame'Si on vous donnait le moyen d'expliquer cela dans les médias publics, vous le feriez'J'ai fait des interventions, des conférences, je suis parti rencontrer des gens à In Salah, mais bon, quand on ne veut pas vous écouter on ne vous écoutera pas.Certains affirment qu'il y a de la manipulation dans ce dossier.Ecoutez, la manipulation c'est un vieux disque. Moi je dirai qu'il y a des craintes. C'est en tout cas ce que j'ai compris en me rendant sur le terrain. Les populations expriment des craintes dues à un manque de confiance. Ils n'ont pas confiance dans les institutions, dans les partis, dans les élus et ce n'est pas une mince affaire quand il y a une rupture de confiance.Cela est dû peut-être à une très mauvaise approche dans la communication'Déjà au départ, les choses ont été mal faites. Il y a eu effectivement une très mauvaise communication de la part de nos institutions. C'est que les autorités ne s'attendaient pas à une telle réaction de la société. Je considère que c'est un très bon signe, elle est même salutaire. Sincèrement, une très bonne chose qui arrive pour peu qu'on sache s'y prendre. En d'autres termes, notre société civile n'est pas aussi anesthésiée, elle peut réagir à des questions environnementales comme cela se fait de par le monde. Il s'agit maintenant de la convaincre par la force de l'argument et non la diaboliser.Donc, finalement vous dites O.K. pour le gaz de schiste'On ne peut pas échapper à cette source d'énergie. Qu'on le veuille ou pas, on ira vers le gaz de schiste. Nos réserves vont s'amenuiser dans les 10 prochaines années. où aurons-nous de l'énergie' Le programme, par ailleurs ambitieux, des autorités pour les énergies renouvelables, ne couvrira que 27% de nos besoins. Où allons-nous avoir les 63% restants' Soyons raisonnables, notre seul salut sera le gaz de schiste.


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