Mascara - A la une

Etudiants : "Pas question d'abdiquer"



Au lendemain de leur trente-troisième mardi de mobilisation marqué par une répression qui atteint un niveau inédit, les étudiants ne semblent pas près de lâcher prise. Rassemblés devant les campus, hier encore, ils ont tenu à dénoncer la répression policière qui les a visés la veille mais aussi à réaffirmer leur déterminationà poursuivre la contestation. "Depuis pratiquement le début du mouvement populaire, la marche des étudiants a toujours eu un traitement spécial avec une escalade dans les modes de répression", ont-ils dénoncé lors du rassemblement tenu, dans la matinée d'hier, à l'université de Bab Ezzouar. Appuyés par leurs enseignants, les étudiants ont été nombreux à dénoncer "la répression policière" et à réclamer "la libération de Fouad Bachène", interpellé lors de la marche de mardi avec quatorze autres étudiants. Il se trouve que celui-ci n'a pas été relâché comme les autres. Les étudiants ont, d'ailleurs, insisté sur "l'acharnement et les interpellations ciblées". Sous haute surveillance de la police qui a consacré un dispositif impressionnant aux abords des universités, le rassemblement des étudiants de Bab Ezzouara très vite été dispersé, mais les policiers n'ont pas réussi à les faire fléchir. Cantonnés à l'intérieur de l'enceinte universitaire, ils ont poursuivi leur mouvement. "Ils font tout pour nous intimider mais ils n'y arriveront pas. Notre campus est d'ailleurs infesté de policiers en civil qui font un travail de sape et tentent d'intimider les étudiants. Ils prennent des photos de tout le monde pour repérer les meneurs et les arrêter lors de la marche", nous a confié un membre du collectif des étudiants de l'USTHB. Même détermination observée devant l'enceinte de l'Ecole nationale polytechnique (ENP) devant laquelle les étudiants de trois grandes écoles se sont rassemblés en très grand nombre. "L'heure est grave, et c'est le moment ou jamais de nous faire entendre", nous a déclaré un élève ingénieur à l'Ecole nationale polytechnique et membre du comité des étudiants.
Venus de l'ENP, de l'Ecole nationale polytechnique d'architecture et d'urbanisme ainsi que de l'Ecole nationale supérieure d'agronomie, ils ont manifesté jusqu'à 13h30 et ont crié d'une seule voix pour affirmer "le rejet total de l'élection présidentielle". "Ils auront beau tout essayer, ils ne pourront pas nous empêcher de dire haut et fort que nous n'acceptons pas cette mascarade qu'ils appellent élection présidentielle", disent-ils. Et de poursuivre : "Comment le pouvoir peut-il aller à contre-courant de la volonté de tout un peuple ' Nous le dirons le mardi et nous le dirons encore le vendredi et tous les jours de la semaine dans les campus, et personne ne pourra nous faire abdiquer." Convaincus que les arrestations ont pour but de leur faire peur et de les dissuader de poursuivre le combat pacifique, ils insistent en disant : "Lorsqu'ils arrêtent ou emprisonnent un étudiant cela fait mal, très mal même, mais ça n'ira pas jusqu'à nous convaincre de laisser tomber. C'est un combat pour la survie. Il s'agit de notre avenir et de celui du pays et il n'est pas question de faire marche arrière maintenant que le train est en marche. La cadence est peut-être lente mais l'arrivée est inéluctable?"
Nabila Saïdoun
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