Les appels au boycott se multiplient
Selon la LTDH, environ 600 prisonniers d?opinion sont toujours détenus.Une campagne électorale à sens unique : c?est le bilan dressé par les partis de l?opposition et les organisations de défense des droits de l?homme tunisiens, reconnus ou non. N?entretenant aucune illusion sur l?issue des élections générales, prévues ce dimanche, Ahmed Néjib Chebbi a annoncé jeudi que sa formation, le Parti démocratique progressiste (PDP), se retire des élections législatives. « Nous avons été bâillonnés, ici et à l?étranger. On a étouffé notre voix et on nous a privés de tout moyen de contact avec l?opinion publique (...) Nous refusons d?être réduits à jouer un rôle de faux témoins dans une élection mascarade », a indiqué à l?AFP le secrétaire général du PDP. M. Chebbi n?a pu, quant à lui, être candidat à la présidentielle, sa formation n?étant pas représentée au Parlement. Alors que les médias tunisiens, largement contrôlés par l?Etat, ont clairement affiché leur préférence au parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), qui soutient la candidature du président sortant, Zine El Abidine Ben Ali, le code électoral tunisien interdit aux candidats de s?exprimer sur des médias étrangers. M. Chebbi n?est pas le seul à se plaindre des dépassements de l?administration et des médias tunisiens. Candidat à la présidentielle, son alter ego du mouvement Ettadjdid, Mohamed Ali Halouani, a dénoncé le traitement de faveur pratiqué par les médias et l?administration tunisiens à l?égard du président Ben Ali et du RCD, au détriment de l?opposition. Durant la campagne électorale, le ministère de l?Intérieur a en effet procédé à la saisie du manifeste électoral de M. Halouani, un document jugé « politiquement incorrect ». Le secrétaire général du mouvement Ettadjdid a voulu se présenter à la présidentielle pour s?opposer à M. Ben Ali, malgré le fait qu?il n?a pas cessé de relever l?absence de conditions pour une compétition électorale démocratique. M. Halouani, le seul candidat crédible de l?opposition à pouvoir se présenter à la présidentielle, en raison des 5 sièges qu?Ettadjdid possède au Parlement, n?a toutefois pas pu regrouper l?opposition, reconnue ou non, autour de sa candidature. Malgré les assurances données par le régime quant à la régularité et à la transparence du scrutin, l?opposition non parlementaire et les organisations des droits de l?homme ont en effectivement appelé au boycott, car sans enjeu, sinon de cautionner un quatrième mandat de Zine El Abidine Ben Ali. Celui-ci sera « opposé » également à deux autres candidats, Mohamed Bouchiha et Mounir El Béji, respectivement secrétaire général du Parti de l?unité populaire (PUP, 7 sièges) et président du Parti social libéral (PSL, 2 sièges). Deux formations qui gravitent autour du parti au pouvoir. A l?approche des élections, les atteintes aux droits de l?homme se sont multipliées en Tunisie, avec leur lot d?interrogatoires et d?agressions contre des opposants. Les deux frères du journaliste Toufik Ben Benbrik, Jalal et Néjib Zoghlami, ont été incarcérés suite à une altercation provoquée, selon leurs avocats, par des policiers. Ils seront jugés le 28 octobre, soit 4 jours après les élections. Environ 600 prisonniers d?opinion sont toujours détenus en Tunisie, selon le rapport pour l?année 2003 publié récemment par la Ligue tunisienne des droits de l?homme (LTDH). Le pouvoir tunisien, quant à lui, nie l?existence de prisonniers d?opinion.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Hamiche Amar
Source : www.elwatan.com