
A travers le territoire de la wilaya de Mascara, on dénombre 70 000 chômeurs et plus de 800 000 pauvres qui vivent dans une précarité totale, le tout est concentré dans des communes, hameaux et douars.Drôle d'anniversaire qu'est ce 1er mai 2015, pour une partie des rescapés du néo-libéralisme «éhonté». Une misère ! Certains n'hésitent pas déjà à avancer le chiffre de plus de 70 000 chômeurs à travers le territoire de la wilaya. Plus question, en tous cas, d'embauches massives de travailleurs. Pas de quoi être optimiste : Sonitex, Ecotex, Bromeco, une nuée de filatures et de confectionneurs qui ont mis les clefs sous le paillasson...Les liquidations, les fermetures et les plans de restructurations se sont succédé à mesure que s'essouffle le rythme de la production ou du moins ce qui en reste au niveau de la wilaya. En aval, toujours des suppressions d'emplois et des drames sociaux, à l'exemple de la dernière mise en garage d'une soixantaine de travailleurs de l'unité de réalisation et de la maintenance, par abréviation(URM) auxiliaire de l'OPGI-Mascara, qui ont été délogés. L'augmentation du nombre d'affaires en difficulté reflète la vulnérabilité des entreprises. Cette vulnérabilité a été largement aggravée par la dégradation récente de la rentabilité liée à l'insuffisance des investissements et a l'alourdissement des charges sociales et financières, à l'exemple de la Sarl El ?Macta (ex-Enajuc) de Mohammadia, qui a vu son heure de dégraissage révolu, et ce, dans des conditions confuses. Un responsable de l'inspection du travail de la wilaya qui a voulu garder l'anonymat, affirme que depuis deux décennies, le territoire de la wilaya, a vu plus de 46 dissolutions d'entreprises, 16 fermetures dont deux relevant du secteur privé ,18 plans de redressement et 16 autres entreprises concernées par le volet social. Depuis 1997, les entreprises sinistrées au niveau du territoire de la wilaya, peuvent être classés en quatre catégories : les malades rongés par un vieux cancer, les victimes de l'effondrement d'un secteur d'activité, les entreprises prises à contre-pied par les concurrences nouvelles, et celles que l'on n'attendait pas du style du blanchissement d'argent, qui ont investis la zone industrielle du chef lieu de la wilaya et celle de la daïra de Sig. A l'exemple de la tréfilerie de Sig, ex-SNC qui produisait des clous toutes catégories ainsi que des trombones et autres agrafes. Actuellement, cette unité en question, importe ces produits, dont la matière première est pourtant disponible chez nous. Première catégories : le bâtiment et les travaux publics. On est tellement habitués à ce que les pouvoirs publics fassent la pluie et le beau temps, car le plus indécis et le plus fantasque des décideurs est bien l'Etat qui, d'année en année, remet en cause des orientations et des programmes irreflichement planifies. Ainsi plus de 65 entreprises ont été liquidées dans l'ensemble du territoire de la wilaya, a l'exemple de (ECM), l'entreprise de construction de Mascara (ex-DNC), qui vu son effectif réduit de 1 062 travailleurs à 120, puis brutalement zéro effectif. Dans le cas du BTP, il est important de souligner que la dissolution des entreprises communales, dont le nombre dépasse largement la quarantaine. Une trentaine d'entreprises qui ne seront jamais comptabilisées dans le nombre des entreprises dissoutes susmentionnées en haut. La deuxième catégorie, où les victimes de l'effondrement d'activité se comptent par centaines, concerne les entreprises de la branche d'activité industrielle. De douze d'entre- elles ont vu l'ordonnance de fermeture ou de dissolution et autres mesures déguisées, via des licenciements secs et la mise au chômage de plus 2 500 ouvriers. Des unités, telles que l'Enaqs, l'Ecotex, l'Emaco, la SNS, ont été condamnées sous l'indication d' « autres mesures ». La fermeture de l'Eniem Mohamadia,de l'Emac-Sig, EMB, des unités qui ont été classées dans le champ du volet social et du plan de redressement et de la braderie via l'ordonnance 95-22 du 25 aout 1995 relative a la privatisation des entreprises publiques economiques, un subterfuge pour mettre a la rue des milliers de travailleurs. Cela fera autant de chômeurs en plus. L'agroalimentaire, troisième catégorie, a été brisée par ses concurrents privés. Les anciens responsables de ces unités l'expliquent par « A l'époque la démission de l'Etat et les difficultés financières et la manque d'investissement n'ont fait qu'aggraver la situation ». Dans ce cadre bien précis les 135 employés de l'ex-Enajuc de Mohammadia étaient partants au titre des conventions signées a l'époque dans le cadre du volet social. Le matériel qui se trouvait dans l'ex-Enajuc, quant à elle s'est volatilisée de cette importance unité qui a fermé ses portes définitivement avec une perte de plus de six milliards de dinars. Le métier de l'agroalimentaire est à réinventer. L'Orolait Tizi, distante d'une dizaine de kilomètres du chef lieu, qui affichait 187 ouvriers dans les années 2000, tourne à moitié voire moins de l'effectif initial, même s'il elle intègre à l'évidence une part de v?ux, elle repose également sur quelques observations. « Un marché en panne depuis longtemps doit fatalement se ranimer un jour, lorsque les causes de sa mise en sommeil auront cessé d'être actives », estime un économiste de l'université de Mascara. L'Orpo-Sig, une unité spécialisée dans l'oléiculture qui n'a pas réussi à décrocher les financements escomptés, 22 emplois seront supprimés. Même si la situation a l'époque n'etait pas simple et même si les points de vue et surtout la détermination n'ont pas été homogènes, parmi les travailleurs de l'Orpo-Sig, il est patent que les responsables syndicaux ne sont pas allés au bout des possibilités. La dernière catégorie est celle qui ne s'attendait pas. Un des débouchés les plus rentables de l'activité de service, c'est-à-dire les transports, à l'exemple de l'ex-Ectum, SNTV et l'ETV, qui seront mis à rude épreuves. Autres activités soumise également à la rigueur : l'unité Enafla-Tizi y compris celle de Mohammadia, dont le personnel compressé a été estimée à 200 ouvriers a été lourd de conséquence. Emifor de Mascara, spécialisée dans les travaux forestiers, c'est-à-dire de service n'a pas été épargnée par la dissolution. Suppression d'emplois, fermetures, restructurations, licenciements ont été le lot affligeant des travailleurs entre 1995 à ce jour. Les zones industrielles de Mascara, Sig, qui ont été accaparées par des irascibles affairistes, se sont érodées petit-à- petit au détriment de l'affairisme insultant, de bazar et autres tartuferies de la malhonnêteté. Dans cette optique, on a même constaté qu'au niveau de la zone industrielle de Mascara, on a emmuré les portes d'entrées, pour un semblant d'intimité de façades. Si aucune réaction urgente des autorités ne viennent redresser ces actions aberrantes pour non- respect du cahier des charges, c'est là un pur exemple de laisser- aller et de l'indifférence qui ne peuvent encourager des privés irrespectueux des lois de la République qui constituent une menace au développement et à tout investissement dans la wilaya. Les appareils syndicaux ne cherchent absolument pas à faire converger le mécontentement autour des centres déjà en lutte. Est-il réaliste ' Les travailleurs et les ouvriers compressés rencontrés, regrettent que le monde syndical ne soit pas montré solidaires de cette caste laborieuse. En attendant, 70 000 chômeurs viennent grossir les rangs des 800 000 pauvres que compte le territoire de la wilaya.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Manseur Si Mohamed
Source : www.lnr-dz.com