Mascara

Cette mafia qui nuit tant au football algérien Mohamed Tahmi a raison d'en parler



En visite d'inspection, la semaine dernière, dans les wilayas de Mascara et Chlef, le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Mohamed Tahmi, a été amené à s'exprimer sur l'équipe nationale de football et ses résultats à la CAN 2013, résultats dont on sait qu'ils n'ont pas été conformes aux objectifs qui lui étaient tracés.
Prié de dire ce que le MJS comptait faire après cette élimination précoce des Verts de la compétition africaine, le ministre a répondu que son département n'avait pas l'intention de s'ingérer dans les affaires du football.
«Ce sport est géré par une Fédération, a-t-il dit. Il appartient à celle-ci de prendre les mesures qu'elle juge adéquates à la suite de cette contre-performance.»
En s'exprimant de la sorte, le ministre a voulu montrer qu'une nouvelle ère était instaurée dans le mouvement sportif national.
Il est loin le temps où on demandait la tête du sélectionneur national ou celle du président de la Fédération au moindre accroc des Verts.
L'échec de ces derniers en terre sud-africaine, aussi décevant soit-il, ne saurait être un argument pour tout renverser d'un coup et opérer un vaste changement.
Quand le ministre parle de Fédération, il sous-entend qu'il existe une assemblée générale de cette structure habilitée à juger le travail de ceux qu'elle a élus. Dans quelques semaines, justement, va avoir lieu l'assemblée générale de la FAF et les membres de celle-ci auront à débattre de son bilan moral.
C'est à cette assemblée générale et à elle seule que reviendra le privilège d'accepter ou de rejeter ce bilan. La démocratie se conçoit de cette façon et pas autrement.
Le ministre s'est également exprimé sur le football national, allant jusqu'à dire qu'il était géré par une mafia. Les médias se sont précipités pour dire que ce sont les responsables de la Fédération que M. Tahmi visait. Ce qui est totalement faux.
Du reste, le ministre a apporté des précisions à cette sortie médiatique, dans les deux wilayas citées, à travers une interview qu'il a accordée à l'APS.
«A Mascara, j'ai demandé à un président d'un petit club de football combien il offrait à ses joueurs pour la victoire d'un match, a-t-il indiqué.
Il m'a répondu : 4000 DA. Je l'ai alors interrogé sur la prise en charge des équipes jeunes, et ce même responsable a déploré le manque de moyens. C'est à ce moment-là que j'ai évoqué la mafia locale qui gère le football comme bon lui semble.»
Il ne faudrait pas se limiter au président de ce petit club de la wilaya de Mascara pour dire que l'esprit mafieux existe bien dans le football algérien. Mohamed Tahmi n'est d'ailleurs pas le premier ministre de la Jeunesse et des Sports à parler d'une telle calamité dans ce sport.
C'est comme si les arrangements de matches ou les achats d'arbitres n'existaient pas alors que cela fait des années que tout le monde en parle et le déplore.
Le ministre n'a pas visé la Fédération mais bien tous ces dirigeants de clubs qui se servent de ce sport pour faire des affaires et qui nuisent à sa crédibilité.
Le ministère devra alors partir en guerre contre eux mais pour cela il a besoin de l'appui de la Fédération et de ses ligues. Si celles-ci font le dos rond à tous les scandales qui essaiment le football, la corruption est partie pour durer de très longues années chez nous. le ministre ne doit pas être le seul à parler de la mafia du football.
Les responsables qui gèrent ce sport doivent eux aussi se prononcer sur cette gangrène et la condamner en annonçant des mesures de rétorsion. Ce n'est pas un sujet tabou et y faire référence c'est montrer qu'on veut débarrasser le football de toutes ses souillures.
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