Revenir, c’est vivre un peu
Une raison au moins pour en vouloir aux artistes. C’est leur aisance de communiquer l’humanité des souvenirs et la vérité du rêve. Deux minutes suffisaient à Bellili pour vous installer dans son émotion. Peut être parce qu’il fonctionnait surtout comme un poète rentable et intègre. Est-ce un paradoxe ou un non-sens pour un poète que d’être rentable et fonctionnel? Amar Ahmed restera dans les annales artistiques de Mascara comme un artiste poète jusqu’au bout des ongles et des angles. Et fertile d’anecdotes et d’envolées à la limite du lyrique.Mais comment agencer un texte et le structurer quand on évoque le souvenir de Bellili? Commençons par la fin. Ahmed Amar est l’un des sept pèlerins algériens décédés lors de la bousculade qui a eu lieu un jeudi 12 avril 1998 à Mina (Lieux Saints). C’était un jeudi. Il est enterré en Terre Sainte au cimetière de Mina (la Mecque). Les témoins de son pèlerinage se remémorent sa capacité de faire de son passage une ambiance familière et de famille. Ils le découvrent collectif et étonnant. Dans leur souvenir ses compagnons de voyage, l’ultime voyage une image fugitive se déroule: C’est sa spontanéité de se joindre aux délégations de hadji qui prient en groupe. L’artiste de Mascara leur demandait de prier pour l’Algérie la blessée. Dans ses faits et gestes à la veille de sa disparition, on y voit aujourd’hui à titre posthume des signes prémonitoires. Ah, ces souvenirs!
Il parlait d’amour avec des mots d’enfants. Il parlait de beauté comme on parle d’un peintre habile en couleur mais d’un doigt. Bellili, comme dirait l’autre était une foule d’artistes. Comédien, auteur compositeur, l’école de musique de Mascara, que dirige actuellement Ouenzar Boudjellal, n’aurait pas vu le jour sans son engagement et sa disponibilité par des mélodies et des textes, Bellili, qui est né le 16 avril 1935, une journée qui coïncide avec la journée du savoir, a été très vite imprégné par la culture de la région connue pour ses chants bédouins, zaouiates et par ses contes populaires. Très critique avec la mesure du bédoui version mostaganémoise, les spécialistes lui reconnaissent une impression rythmique audacieuse à ce genre populaire.
Particulièrement quand il s’agit des qacidates du cheïkh Khaldi. Rassembleur, il exprimait sa solidarité avec force aux artistes et homme de culture. Djillali Aïn-Tèdelès, durant son séjour à l’hôpital de Mostaganem, le recevait en visite quotidiennement. Si Ahmed est connu pour sa grande culture et la maîtrise parfaite des deux langues française et arabe. Il consacra toute sa vie à la poésie et à la musique. Bellili avait collaboré avec la télévision nationale et surtout la station d’Oran aux côtés des artistes de renommée nationale, à l’image de feu Abdelhamid Ababsa, Cheikh Abdelkader EL Khaldi, Soraya Kinane, Sabah Es-Saghira, Malika Meddah, Youcef Didine et autres... Mais le nom de Bellili restera étroitement lié et, jusqu’à preuve du contraire, à la superbe et éternelle chanson «Es-Saif, Wel Bhar» dont il est le compositeur.
Cette chanson, faut-il le rappeler, interprétée magistralement par le talentueux Medjadi Maghraoui, avait fait un tabac dans les années 70. Ahmed Amar, l’accordéoniste mascaréen avait un cachet et un doigté hors-pair, sa vocation artistique a commencé à s’exprimer alors qu’il n’avait que sept ans. Cet artiste a laissé derrière lui un répertoire de plus de cent cinquante chansons.
R.C.
Oh ...oui- Avec Blili Ahmed qui est parti en 1998 et Meghraoui Medjadi parti cette année c'est des parties du puzzle qui composait Mascara dans sa culture et ses vrais enfants qui partent. Mascara défigurée ne se reconnait plus malheureusement de jour en jour.
Que Dieu Le Tout Puissant les prennent dans sa misericorde et nous donne la force et la pateince de resister à leur disparition.
hamdani daho - retraite - mascara, Algérie
09/10/2012 - 42399
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com