Des 47 communes que compte la wilaya de Mascara, aucune n'est épargnée par le problème d'AEP, et la tension monte au fil de la gravité de la crise avec des réactions souvent brutales des résidents comme ce fut le cas dans certaines communes secouées par des manifestations.
Dans un passé fraîchement évocable par les octogénaires, il suffisait aux paysans de la région, notamment ceux qui résidaient dans la plaine de Ghriss, de chatouiller la terre à l'aide de la pointe de leur ceinture pour voir jaillir l'eau et étancher ainsi leur soif.
Mais au fil des ans, le niveau des nappes phréatiques enregistrait principalement au cours des deux dernières décennies un rabattement devenu inquiétant aujourd'hui. Dans ce contexte, force est de reconnaître qu'au cours de cette période caractérisée par la décennie noire, le forage des puits était pratiqué d'une manière anarchique, et ce, en l'absence de tout contrôle des services de l'hydraulique.
En effet, le dernier recensement réalisé fait ressortir l'usage à des fins multiples dont la principale activité reste l'irrigation des récoltes de deux, voire trois puits par un seul agriculteur. Libres de leurs mouvements, les agriculteurs de la région rivalisaient en toute quiétude sur l'exploitation du nombre de puits. Toutefois, l'hémorragie a été stoppée par la prise de conscience des autorités de la wilaya qui se sont mobilisées afin de maîtriser le sujet.
Ainsi, plusieurs puits réalisés sans autorisation ont été fermés et aucune dérogation n'a été accordée en ce sens aux agriculteurs. Des 47 communes que compte la wilaya de Mascara, aucune n'est épargnée par le problème d'AEP, et la tension monte au fil de la gravité de la crise avec des réactions souvent brutales des résidants comme ce fut le cas dans certaines communes secouées par des manifestations ponctuées par des routes barrées, des pneus incendiés et des agents de l'Algériennes des eaux (ADE) ou des communes désignés comme fontainiers agressés en guise de protestation.
D'un côté, les populations se plaignent de l'absence de l'eau potable dans les robinets, imputant le pourrissement de la situation aux élus locaux, et de l'autre, des responsables qui revendiquent à la tutelle des opérations de forage afin d'augmenter les volumes destinés à la distribution du précieux liquide.
Si les résidents des habitations situées au rez-de-chaussée reçoivent périodiquement même en quantité insuffisante l'eau, ceux dont les logements sont situés aux derniers étages ne la reçoivent presque pas faute de pression. Pour pallier ces insuffisances, les citoyens ont recours à la citerne pour s'approvisionner en eau supposée potable, car le doute est émis en l'absence de toutes analyses du produit.
Dans de telles circonstances, une autre activité est née et a trait à la vente de l'eau à raison de
30 DA le jerrican de 20 litres, et heureux sont les servis. Le tableau est plus noirci, car mettant à profit cette situation, les commerçants des débits de boissons sous prétexte de la pénurie des produits ont procédé à l'augmentation des prix des eaux minérales embouteillées à 45 et 50 DA l'unité.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Correspondants
Source : www.liberte-algerie.com