Par Amina Hadjiat
Les travailleurs du secteur public ont célébré, hier à la Maison du peuple, leur journée internationale, le 1er Mai. Même si les festivités officielles se sont déroulées cette année dans la wilaya de Mascara, l'Union générale des travailleurs algériens (Ugta) a néanmoins organisé son habituel rassemblement. Des fleurs ont été déposées au pied de la stèle érigée à la mémoire de l'ancien secrétaire général de l'Ugta Abdelhak Benhamouda. Puis, le secrétaire national chargé de la formation à la centrale syndicale, Hachemi Benmouhoub, a rappelé «l'importance du rôle de l'Ugta dans la prise en charge des préoccupations des travailleurs».
Profitant de ce rendez-vous, M. Benmouhoub a plaidé pour «le renforcement et la promotion de l'organisation syndicale», notamment «à l'approche du congrès de l'Union» a-t-il précisé.
Toutefois, si l'Ugta détient le monopole de la célébration, elle est loin de représenter l'ensemble des travailleurs algériens. De facto, les travailleurs affiliés aux syndicats indépendants ou tout simplement non syndiqués sont exclus des festivités. Du côté des travailleurs et dans un climat socioprofessionnel aussi tendu qu'il l'est actuellement, l'heure n'est pas à la fête mais plutôt à la contestation. Depuis 2011, l'Algérie a connu des vagues successives de mouvements massifs de grèves et ce dans quasiment tous les secteurs d'activité. Même ceux habituellement épargnés telle que la magistrature. Cette année, la contestation a gagné les chômeurs, notamment dans le sud du pays. Jamais la protestation n'avait atteint un tel degré, paralysant carrément les secteurs concernés. Le gouvernement a dû lâcher du leste et consentir à des augmentations de salaire tout aussi spectaculaires que l'ont été les grèves. Ce qui a eu pour effet de calmer, temporairement, la grogne dans le secteur public. Laissant le sort des travailleurs du privé entre les mains des patrons et les demandeurs d'emploi face à leur désarroi. Lorsque ceux-ci sont également montés au créneau, l'Etat répond par des mesures «perfusion» et différents dispositifs d'aide à l'emploi. Des dispositifs qui favorisent l'auto-entreprenariat «sauvage». La profusion de bus privés de transport de voyageurs, entre autres, en témoigne. Pourtant, l'Algérie a enregistré en 2012 un de ses plus bas taux de chômage, estimé à 10% selon un rapport du Pnud (programme onusien) et l'Organisation internationale du travail (OIT). Malheureusement, cette baisse est fortement liée à la montée en puissance d'une économie informelle.
En réagissant uniquement en situation de crise et en multipliant les dispositifs «perfusion», l'Etat ne favorise pas la valorisation du facteur «Travail» et pousse à la déresponsabilisation des travailleurs et des demandeurs d'emploi. Les mouvements de protestation comme les mesures d'aide à l'emploi sont aujourd'hui le mot de passe pour ouvrir les vannes financières de l'Etat.
A. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Photo Riad
Source : www.latribune-online.com