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65e Festival de Cannes



65e Festival de Cannes
Qui sera l'heureux élu qui montera les marches pour décrocher la Palme d'Or'
Le Festival tire à sa fin et déjà les regards se tournent ailleurs...
A juste raison, au demeurant, car l'avenir du financement du cinéma français se joue actuellement et ni les paillettes, ni la foultitude de (mauvais) films présentés cette année à la perspicacité (presque) érodée des festivaliers, n'ont réussi à le faire oublier aux professionnels de la profession... L'eût-il été que la conférence de presse donnée par le patron de la société qatarie propriétaire des chaînes sportives BeIN Sport 1 et 2, l'aurait forcément rappelé à son bon souvenir... Car les faiseurs de films, en France, sont inquiets (et c'est peu dire) par les dégâts collatéraux de pareille modification du PAF hexagonal.
En effet, la chaîne cryptée Canal Plus engrangeait jusque-là des bénéfices importants grâce à ses émissions sportives, ce qui lui a permis jusque-là de respecter le cahier des charges qui lui imposait un financement du cinéma direct au prorata de son chiffre d'affaires.
Or, Al Jazeera risque de tailler des croupières, en s'installant en France, au cinéma en mordant dans le pactole de Canal Plus. Interrogé en pleine campagne électorale, Sarkozy avait eu une réponse pour le moins étrange qui le plaça dans la posture du VRP du Qatar en affirmant que l'intrusion khalijie «allait casser le monopole de la chaîne française». Le candidat Hollande avait, pour sa part, annoncé que «le groupe de Nasser Al-Khelaïfi devra se plier aux mêmes règles de refinancement du cinéma et de la culture que Canal». Ce à quoi, répondit hier Al Khelaïfi de manière très orientale «Si la loi change, nous nous y plierons», sans trop s'avancer. C'est dire qu'à Cannes c'est la veillée d'armes... Le feuilleton ne fait que commencer.
Mais pour le moment, c'est à une autre (ridicule) série, dont HBO ne voudrait sûrement pas, que Bernard Henri Lévy a proposée, pour ne pas dire imposée au festival... Il était venu présenter son Serment de Tobrouk avec ses «amis Libyens et Syriens» (sic). Ce fut un moment inénarrable tant le comique le disputait au tragique.
Certes, on avait déjà vu des acteurs grimés, masqués, fouler le tapis rouge pour les séances exceptionnelles de minuit, pour présenter le plus souvent des films d'épouvante, par exemple, mais on ne s'attendait nullement à voir un «opposant» syrien gravir les marches, en milieu d'après-midi, la tête enveloppée dans un drapeau syrien, les yeux cachés derrière des lunettes noires... Certes, le dictateur en place à Damas, Bachar Al Assad, n'a jamais eu d'états d'âme dès lors qu'il s'était agi de faire taire son peuple (fidèle à l'héritage paternel qui s'était tristement illustré à Hama...), mais de là à débarquer à Cannes pour se prêter à pareille mascarade, il y avait un pas à ne pas franchir, surtout en mettant ses pas dans ceux de BHL! Surtout pour assister et donc soutenir un documentaire où l'auteur à la chemise blanche (toujours) béante s'est pris pour André Malraux durant la guerre civile en Espagne. Mais le philosophe autoproclamé a dû perdre en route les bonnes feuilles de son modèle du jour, «L'Espoir», sinon il aurait fait preuve de plus d'humilité et de pudeur... Bon, il n'y a pas de quoi fouetter un fennec du désert avec ce Serment de Tobrouk, c'est à la limite du non-évènement ici.
D'ailleurs la presse est déjà en train de tirer des plans sur la comète et de parler des films pressentis pour Cannes... 2013 (15-26 mai)... Mais rien n'est fiable car la boule de cristal journalistique a plus l'allure d'un planning de sorties des films que d'un objet rond et opaque... Ainsi Terrence Malick To the Wonder, et en s'appuyant sur la légendaire lenteur de son auteur, est envisagé ici, pour l'année prochaine. Ce serait aussi le cas de Pedro Almodovar qui entre en tournage bientôt.
L'Iranien Ashgar Farhadi (oscarisé en 2012 pour La Séparation est aussi en lice avec son premier film en français où vont se retrouver Marion Cotillard et Tahar Rahim, Werner Herzog, Steve MacQueen, Jean-Luc Godard, Brian de Palma qui tourne un sulfureux «Passion» et pourquoi pas le film américain, coproduit par l'Aarc, de Rachid Bouchareb qui entrera en tournage dès l'automne prochain.
Autant rêver de ce qui se profile à l'horizon, car ce 65e Festival aura été, de l'avis général, une année de disette...


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