Mascara - A la une

1er Mai : Fête du travail Une symbolique en voie de disparition



1er Mai : Fête du travail Une symbolique en voie de disparition
Interrogation - Pour un grand nombre de citoyens et d'observateurs de la scène politique nationale, la symbolique du 1er Mai est en train de se perdre.
Le sociologue Bachiri Slimane estime qu'avec une forte demande de travail exprimée par la jeunesse, la société ne comprend pas comment on continue de glorifier un événement qui n'a plus sa raison d'être dans «un pays en panne». «Même les travailleurs de certaines entreprises sont sous la menace du chômage. Plusieurs entreprises attendent avec impatience des plans d'ajustement leur permettant de relancer leur activité et d'entrevoir l'avenir sous de meilleurs auspices», dira-t-il.
Pour lui, le travail est la première condition d'accomplissement de soi, «et un jeune auquel on offre un mur de sa ville perd tout contrôle et l'estime de soi. Il ne faut pas en faire des loosers. Il faut 'uvrer à leur redonner l'espoir car cette impression de fatalisme qui frappe de larges pans de la société peut être dépassée si on offre l'espoir aux couches actives de la société», fera-t-il remarquer avant de préciser que le 1er Mai de cette année, «doit être l'occasion de redonner l'espoir aussi bien aux jeunes qu'aux travailleurs car les indices macroéconomiques, même s'ils prédisent une embellie de l'économie algérienne, pourraient ne pas être enthousiasmant pour l'investissement dans la crise économique universelle que nous vivons». Pour le secrétaire général du Syndicat national autonome des professeurs du secondaire et du technique (Snapest), «la célébration du 1er Mai est marquée par la montée de la fièvre sociale, et ce, dans tous les secteurs.
Cette année, le 1er Mai ne différera malheureusement pas des autres. Nous sommes toujours dans un marasme politico-social et bien que les syndicats se mobilisent comme chaque année d'ailleurs, nous n'arrivons toujours pas à obtenir la prise en charge de nos revendications. En outre, les syndicats autonomes sont toujours autant diabolisés et marginalisés en 2013 car nous ne sommes pas considérés comme un partenaire social avec lequel on peut ouvrir un dialogue et ce, bien que nous soyons agréés. C'est un constat amer que nous sommes obligés de dresser. Aussi, le contexte socioéconomique semble se détériorer d'année en année. La hausse de l'inflation et la baisse du pouvoir d'achat sont une donne incontestable et l'absence de contrôle par les pouvoirs publics est intolérable. Nous n'avons toujours pas enclenché le virage économique à même de nous faire sortir de cette économie de bazar et de rente qui caractérise notre pays et qui l'empêche d'assurer des salaires décents et un avenir pour nos générations futures.
Ce marasme social aigu a également engendré de nombreuses inégalités sociales et salariales. Il faut désormais que les pouvoirs publics s'attardent sur la problématique relative à la politique salariale, et ce, pour sauvegarder les intérêts socioprofessionnels des travailleurs qui, malgré les augmentations survenues ces dernières années, ont du mal à boucler leurs fins de mois, l'inflation rognant leur pouvoir d'achat».
Les festivités officielles marquant la fête des travailleurs sont prévues cette année dans la wilaya de Mascara, en l'absence du président de la République, en convalescence à l'hôpital du Val-de-Grâce en France. Même si pour certains le choix de cette ville, marquée par le drame du suicide du Drag, est justifié, pour un grand nombre d'observateurs, «les pouvoirs publics devraient prendre l'initiative de choisir un autre lieu pour célébrer cet événement». Des syndicalistes estiment que le 1er Mai cette année intervient dans une conjoncture difficile, marquée par des manifestations sporadiques pour l'emploi.
«A plusieurs reprises j'ai été interpellé par des jeunes qui observaient un sit-in devant l'entrée de la zone industrielle. Que pourrais-je leur dire moi qui ne dispose d'aucune réponse pouvant les convaincre», estime un syndicaliste de la zone industrielle de Rouiba, et membre du conseil national de l'UGTA.
Ce dernier dit ne pas comprendre l'attitude des chargés de l'emploi, «qui ne disposent d'aucune donnée officielle pouvant leur permettre de satisfaire la demande ou de convaincre les jeunes demandeurs d'emploi». Il estime que le 1er Mai doit être porteur d'espoir, aussi bien pour les travailleurs que pour les chômeurs. «Est-il normal qu'on ne dispose même pas de chiffres sur les départs à la retraite ou encore sur les perspectives de création d'emploi au niveau des entreprises '», s'interroge notre interlocuteur.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)