Mascara - A la une

10 Mai



La date la plus prononcée par le personnel politique du pays, officiels et partisans, est là. Le 10 mai, qui revenait dans tous les discours, se conjugue désormais au présent électoral. Les promesses, les prophéties, les prévisions, les pronostics sont, formellement, à l'épreuve de l'urne. On sait, au vu des vingt jours de campagne, que cet acte de voter a subi toute sorte d'abus. Pour diverses, parfois opposées, finalités, le scrutin du 10 mai 2012 a eu droit à d'interminables qualificatifs. Ceux qui sont pour la participation attribuent à ce rendez-vous électoral une dimension grandeur nature. Au plus haut niveau de responsabilité, le chef de l'Etat voit en ce vote un second 1er Novembre. D'autres voix, qui se recrutent dans la périphérie du pouvoir, estiment que c'est «le moment de consolider la démocratie» dans le pays. A comprendre que l'Algérie évolue en pleine démocratie. Ceux qui sont pour le boycott ont multiplié déclarations et appels à ne pas cautionner la mascarade à venir. On explique, dans cette partie, qu'il n'y a aucune raison à aller voter. On note, aussi, dans cette sphère, que ces élections donneraient une crédibilité et une légitimité au régime en place. A comprendre que le régime joue sa survie au soir du 10 mai. Et que ceux qui y participent contribueront à son maintien. Or, il est établi que ces élections ne changeront en rien la vie des Algériens, ni avec le boycott, ni à travers un vote massif. Une construction démocratique et une assemblée représentative sont tellement deux choses sérieuses qu'elles ne s'accomplissent pas au détour d'un vote. Ni avec un champ politique éclaté en quarantaine de partis après des années de parfait verrouillage. Ni avec un réajustement des textes. C'est que le déficit politique dans lequel évolue le pays depuis deux décennies n'a laissé place qu'à l'extrémisme. A la bipolarisation, qui bénéficie toujours des mesures d'entretien entre présumés démocrates et islamistes, est venue ainsi succéder une nouvelle répartition de «la classe politique». Cette nouvelle cartographie propose deux acteurs : celui qui participe au vote d'aujourd'hui et celui qui s'y oppose. Pas plus. La chose politique en Algérie est-elle réduite à cette équation ' La politique en Algérie est-elle condamnée à ne s'exercer que par et dans l'extrémisme et l'anathème ' Tout porte à le croire. La campagne électorale a ainsi révélé, au-delà de la morosité et la théâtralité qui l'ont marqué, que la facture de la dépolitisation de la société se paie un jour. Et qu'une vie politique ne s'improvise pas en quelques mois, en agréant une dizaine de partis politiques, éligibles pour une Assemblée sans prérogatives.
A. Y.


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