Pour résoudre cette équation, les partis politiques comptent ouvrir leurs listes aux sympathisantes.
Le quota de 30% de candidatures féminines imposé par la loi constitue le véritable défi des prochaines élections locales.
Les partis politiques affichent d'ores et déjà des inquiétudes. Présenter 30% de femmes au niveau des 1541 communes relève, à leurs yeux, d'une mission impossible. Durant les législatives, les partis avaient du mal à trouver des femmes à présenter. Avec les locales, la tâche s'avère encore plus compliquée sachant que la liste la plus petite doit contenir 23 candidats. Avec 1541 communes, les formations politiques vont connaître de sérieux problèmes pour recruter des candidats féminins. A plus de trois mois des locales, c'est le branle-bas de combat au niveau des états-majors des partis.
Les grosses cylindrées comme les «nouveau-nés» se retrouvent bien embarrassés. Les élections locales du 29 novembre prochain constituent la première expérience pour l'application de la loi sur la représentativité des femmes aux assemblées élues.
Le test est loin d'être facile pour les partis. Ayant longtemps marginalisé la gent féminine, aujourd'hui, les partis redoutent le pire. Même le parti majoritaire FLN ne cache pas ses craintes. Son porte-parole, Kassa Aïssi, reconnaît la difficulté de la mission. «Effectivement, il y a une difficulté à trouver des voix féminines au niveau de certaines régions», a-t-il affirmé en précisant toutefois que le parti a un réservoir de militantes assez conséquent. Même si le FLN est le mieux outillé sur la scène politique, notre interlocuteur paraît inquiet: «On appréhende le manque de représentativité féminine durant les locales car lors des législatives, beaucoup de femmes ont refusé d'être classées en quatrième ou cinquième positions», a-t-il expliqué. M.Aissi évoque, dans ce sens, un problème de confiance qui risque d'être posé.
Le Parti des travailleurs partage le même souci. «C'est un vrai handicap, les gens ne font pas confiance après ce qui s'est passé lors des dernières législatives», a déclaré le porte-parole du PT. Contacté par nos soins, Djelloul Djoudi mesure la difficulté de cette tâche. «Les élections locales sont plus compliquées que les législatives», a-t-il argumenté. Selon lui, le nombre de communes et de candidats à présenter dans les listes handicape sérieusement les partis.
M.Djoudi assure que le parti dispose d'un réservoir suffisant de militantes. Le parti de Moussa Touati se montre plutôt serein. Adoptant une approche sociale, le patron du FNA estime que la femme va participer en force aux élections locales. Se basant sur le contexte social marqué par la pauvreté et la cherté de la vie, M.Touati considère que la femme va s'impliquer davantage dans cette bataille électorale. «Pour des raisons de marginalisation et de manque de poste de travail ainsi que la cherté de la vie, la femme va tenter de décrocher un poste de travail», a-t-il expliqué en précisant que les gens ne s'intéressent pas à des postes de responsabilité sans intérêts.
Contraintes de respecter les dispositions de la loi et confrontées à un manque de militantes, les formations politiques ont du mal à trouver une solution. Pour combler le vide, certaines comptent s'ouvrir à d'autres candidatures. C'est le cas d'ailleurs du parti du Rassemblement national démocratique, RND qui a annoncé la couleur dès le départ en ouvrant ses listes à des sympathisants. «On est obligé d'appliquer la loi», a affirmé
M.Chorfi, porte-parole du parti. Le FLN, parti majoritaire, n'exclut pas cette option. «Oui, nous allons ouvrir nos listes aux sympathisants pour élargir notre représentativité», a assuré Kassa Aïssi qui rappelle que le parti n'a pas été représenté durant les législatives à Khenchela faute de candidatures femmes.
Le Front national algérien compte emprunter le même chemin. Son patron, M.Moussa Touati, voit en cette option la seule solution. «Nous allons sûrement nous ouvrir à des sympathisants», a-t-il affirmé. Et d'ajouter: «Nous sommes dans l'obligation d'accepter des sympathisants dans certaines régions de l'intérieur du pays.» Or, avec plus de 40 partis qui prendront part à la course électorale, la bataille des voix s'annonce très rude. Les partis doivent carburer pour rafler le maximum de communes.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadia BENAKLI
Source : www.lexpressiondz.com