Khenchela - A la une

Un genre authentique de chant et de chorégraphie



Un genre authentique de chant et de chorégraphie
Patrimoine immatériel préservé et reproduit à ce jour par les Chaouis, Rahaba est un genre authentique de chant et de danse très rythmée encore présent lors des différentes occasions et fêtes dans la wilaya de Khenchela. Le terme rahaba vient du mot arabe tarhib qui signifie «souhaiter la bienvenue» pour les hôtes des fêtes, mais l'appellation amazighe est «therdest» qui veut dire battre la terre avec les pieds en chantant, explique le chercheur en histoire des Aurès, Mohamed Salah Ounissi. Aux origines lointaines, rahaba est une chorégraphie du Bassin méditerranéen et d'Afrique du Nord qui présente des similitudes frappantes avec les danses folkloriques marocaines des genres:«Ahouach», «Ahidous» et «Akoual», note le chercheur, qui considère que le bendir (tambourin) et El Gasba (flûte) sont des instruments «intrus» au genre chaouïa authentique toujours préservé à Khenchela. Pour Ounissi, rahaba se décline sous trois formes. Il est soit exécuté par deux rangs de danseurs se faisant face, ou par deux rangs de danseuses se tenant également face à face ou, encore, par un rang de danseurs face à un rang de danseuses. Il existerait également trois genres de rahaba dans la wilaya de Khenchela, dit-il. Le premier appelé «Oudjani» est attribué à la tribu des «Béni Oudjana» installée notamment à Yabous, Bouhmama et Taouzianet. Le chant y est perçant et la danse est rythmée par les mouvements des pieds et des épaules. «Laâmamra» est un autre genre répandu dans les localités de Tamza, El Hamma, N'sigha et Ouled Yakoub. Il se distingue par des battements puissants au sol et un chant plus doux. Le troisième genre est appelé «Nememcha». Celui-ci est exécuté avec des danses s'apparentant à la fois aux deux précédents genres et un chant plutôt perçant et aigu, ajoute encore le chercheur. Les poèmes rahaba, chantés en arabe dialectal ou en chaouïa, sont souvent porteurs de contenus sociaux et religieux. Ils glorifient les valeurs de noblesse, de la population et l'histoire des Aurès et des Chaouïas. Ils abordent également les thèmes lyriques et d'amour sans pour autant être «crus, encore moins vulgaires», note le chercheur en histoire des Aurès. Créée au début des années 1990, l'association «Assala» de la commune de Tamza (25 km au sud-ouest de Khenchela) oeuvre à préserver cette musique authentique, assure son président Belkacem Salmia, se félicitant que l'association a fait sortir en 1998 son premier album Rahaba. La préservation de cette musique exige davantage d'intérêt de la part des acteurs du secteur de la culture appelés à en assurer la promotion en tant que patrimoine immatériel et à soutenir les associations et troupes qui pérennisent encore ce genre musical, a estimé Salmia. Pour nombre d'intellectuels des Aurès, le genre rahaba mérite d'être préservé pour les générations futures et de figurer sur la liste patrimoine culturel immatériel de l'humanité à l'instar de l'«Ahalil», une musique mystique du Sud algérien, et de l'«Imzad», un instrument de musique des Touareg.
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