
Mardi 11 avril, 6h30. Haï Saâda. Les rues sont vides. Il est encore tôt. Khenchela dort encore.La distribution de l'eau vient d'être entamée et de grandes fuites apparaissent déjà, en plein milieu de la chaussée. Des canalisations viennent de céder. La rue qui descend vers la mosquée, une artère en travaux de réfection depuis de très longues semaines, est vite inondée.A qui signaler ces pertes d'eau à grande échelle ' L'Algérienne des eaux (ADE) ne s'est pas encore réveillée. Mais il n'y a pas que des fuites de ce genre. Des ruisseaux se déversent à même les trottoirs, à partir des terrasses, où les citernes, vite remplies, débordent. C'est l'habituel spectacle de désolation qui se reproduit tous les deux jours, programme de distribution de l'ADE aidant, et Haï Saâda ne fait malheureusement pas exception. Dans toute la ville de Khenchela, ce sont les mêmes images, encore heureux que les lâchers d'eau ne durent pas plus de deux heures. Et dire que ces pertes d'eau avaient nettement diminué pendant tout le mois de mars, car la distribution se faisant tous les? 10 jours, et ce, sans que l'ADE ait daigné donner des explications.Pourquoi toutes ces fuites et tout ce gaspillage ' La faute incombe en grande partie à l'ADE, qui n'est toujours pas sortie d'une crise interne qui perdure et d'une très mauvaise gestion. L'ADE n'est pas la seule fautive. La commune a sa part de responsabilité, en laissant cette situation s'étaler dans le temps avec les dégâts que l'on devine dans tous les quartiers, dont la détérioration des chaussées et des trottoirs n'est pas des moindres. Autre fautif de taille : les ménages, dont l'incivisme en matière d'utilisation et de consommation d'eau a atteint des proportions inquiétantes, tournant le dos au gaspillage et aux débordements de leurs citernes, car non inquiétés par le montant des factures quand ils les payent 'et il y a beaucoup de factures impayées. La plupart des ménages ne se sentent pas concernés par cette gabegie, car ne payant qu'un montant forfaitaire, soit parce que l'ADE n'a pas installé de compteurs individuels, soit parce que les relevés trimestriels ne se font presque plus.Face à l'inertie de l'ADE et à son incapacité à redresser la situation, les autorités concernées se doivent de prendre des mesures urgentes pour mettre fin à ce gaspillage à grande échelle. Ne dit-on pas que «l'eau n'est pas nécessaire à la vie, c'est la vie» ' Jusqu'au début de ce mois, la sécheresse allait condamner la région à des temps hydriques difficiles, et Khenchela n'est pas encore sortie d'affaire malgré les deux jours de pluie de samedi et dimanche, qui ont contribué à remonter le moral des travailleurs de la terre. Raison de plus pour préserver ce liquide précieux qu'est l'eau, qui plus est, dans une région où il n'y en a pas en abondance.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Taïbi
Source : www.elwatan.com