Malgré la joie de voir des détenus d'opinion élargis, les treize collectifs estudiantins voient ce geste sous l'angle de l'instrumentalisation de la justice dans le but de rétrécir le champ des libertés et d'étouffer le mouvement populaire.Plusieurs collectifs indépendants d'étudiants algériens, créés dans le sillage du mouvement populaire du 22 février 2019, viennent de rendre public un communiqué dans lequel ils réaffirment leur détermination à poursuivre la lutte pour l'avènement de l'Etat de droit, tel que voulu par le peuple qui, l'année dernière, s'est soulevé. Rappelant les tentatives de neutraliser la communauté universitaire, "segment important de la société de plus de deux millions de personnes entre étudiants, professeurs et travailleurs du secteur", d'abord par la décision de vacances anticipées au printemps 2019, ensuite par la répression policière, qui a notamment ciblé les étudiants et professeurs en raison d'avis partagés sur les réseaux sociaux, les rédacteurs du communiqué soulignent leur "fierté" de continuer "la lutte d'un peuple qui s'est soulevé pour sa dignité et sa volonté de construire un Etat de droit, contre un système politique qui ignore quotidiennement les droits humains".
Les auteurs du texte rendent naturellement hommage aux étudiants détenus mais également à l'ensemble des détenus d'opinion, en soutenant que "les politiques de harcèlement et de répression ne nous décourageront pas. Nous réaffirmons notre volonté de changer ce système qui se sent menacé, voire terrifié par des publications sur les réseaux sociaux". S'ils expriment leur joie de voir des détenus libérés "sous le couvert de la grâce présidentielle", ces étudiants voient derrière l'élargissement des innocents la preuve de "la déliquescence de l'appareil judiciaire et de son instrumentalisation politique pour restreindre les libertés individuelles et collectives des citoyennes et citoyens".
Le texte, daté du 4 juillet 2020 et transmis aux médias ce lundi 6 juillet, est paraphé par treize groupements d'étudiants universitaires issus de plusieurs wilayas (Alger, Oran, Constantine, Tiaret, Khenchela...). Il s'agit du Collectif indépendant des polytechniciens (CIP), le Collectif estudiantin pour la liberté et le changement (CELC), le Rassemblement estudiantin pour le changement (REC), le Rassemblement des étudiants libres d'Oran (RELO), le Groupe actif des étudiants en médecine d'Alger (MED FM), l'Union des juristes pour le changement (UJC), le Mouvement estudiantin de Skikda, le Mouvement estudiantin de Khenchela, la Coalition des étudiants pour la poursuite de la lutte (CEPL), le Collectif actif de Dely Ibrahim (CAD), le Mouvement estudiantin de l'université Ibn Khaldoun de Tiaret et le Collectif des étudiants de Constantine (CEC).
S. Ould Ali
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir OULD ALI
Source : www.liberte-algerie.com