
A Khenchela, comme partout dans les régions du pays, les préparatifs pour le déclenchement de la guerre de Libération nationale, le 1er novembre 1954, ont débuté des mois à l'avance.Le premier noyau des militants ne se connaissait pas pour la plupart. Leur mot de passe était "Khaled" et "Okba" et leur objectif était de délivrer, dans le sang et les larmes des femmes et des hommes, une terre qui ne s'est jamais soumise à ses bourreaux. La nuit du 1er novembre 1954, plusieurs groupes de moudjahidine mènent à Khenchela les premiers assauts annonciateurs de la Révolution libératrice. Abdelkader Bourmada, aujourd'hui âgé de 84 ans, fut un des moudjahidine de la première heure dirigés par le héros Abbas Laghrour. Dans une déclaration à l'APS, Bourmada a indiqué avoir été chargé alors de transporter les cocktails molotov qui allaient être jetés sur la maison du sous-préfet. Parallèlement, d'autres groupes de djounouds sabotent le transformateur de la ville et attaquent le commissariat, la caserne et le siège de la gendarmerie. Un autre groupe était demeuré posté au lieudit Chaâbet El Ghoula pour couvrir le retrait des assaillants, ajoute Bourmada qui assure que des actions similaires avaient été simultanément menées dans les deux régions de Yabous et El Ouldja. Au total, ils furent 40 hommes à avoir mené ces premières attaques annonciateurs du soulèvement qui allait mettre fin, après un peu plus de sept ans, à 132 ans d'occupation coloniale.De ses compagnons d'armes, seuls Ramdane Benzidane et Hamoudi sont aujourd'hui en vie, assure Bourmada.Né à Khenchela en décembre 1932, Bourmada avait à peine 22 ans en novembre 1954. Il faisait partie, confie-t-il, bien avant des groupes de militants acquis à la cause nationale et psychologiquement préparés par leurs chefs pour le soulèvement."Nous fûmes 40 militants lorsque l'on a entamé les préparatifs pour la Révolution plusieurs mois avant le grand jour", se rappelle Bourmada qui considère que le grand secret ayant entouré ces activités prérévolutionnaires fut à l'origine de l'effet de surprise pour l'occupant et la clé de succès.Abdelkader Bourmada se souvient aussi de la réunion qui avait rassemblé ces 40 premiers militants dans la maison de Boubakr Salmi, décédé depuis seulement quelques années.La plupart de ces militants, confie-t-il, ne se connaissaient qu'au travers des mots d'ordre "Okba" et "Khaled". "Nous avions en commun ce refus permanent de la présence coloniale sur nos terres et l'Histoire avait décidé d'en finir avec la France coloniale en terre d'Algérie", résume convaincu le moudjahid.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R R
Source : www.lemaghrebdz.com