
Le virtuose du oud, Fayçal Salhi, et son quintette énergisant seront en concert unique, demain, à Sétif (salle des fêtes du parc d'attractions). Une occasion de découvrir une musique sans frontières.Des distinctions prestigieuses de festivals internationaux, des tournées mondiales et des albums composés avec de grands artistes, Fayçal Sahli a toujours eu le flair pour bien s'entourer et produire une musique sans frontières. Oudiste et compositeur, il travaille aujourd'hui avec Vladimir Torres, Christope Panzani, Arnaud Dolmen, Ricardo Izquierdo et Thomas Nicol, des «esprits vifs et créatifs qui se mettent au service d'une musique qui est quelque part entre jazz et musiques ?orientales', notion vague pour certains musicologues, d'autres ne la comprennent pas, ne l'admettent pas», dit-il.«Nous produisons une musique contemporaine et urbaine, aux racines tentaculaires. Elle est le fruit de l'exil et tout ce que cette expérience porte de mélancolie, de déchirements, de manque (wahch). Mais elle participe aussi d'un cap résolu vers une autre humanité. Nous sommes un peu de cet humanisme qui se définit avant toute autre chose par l'envie de connaître, de savoir, de comprendre, de vivre avec l'autre dans le respect de chacun pour tous», explique-t-il.La musique de Fayçal Salhi quintette n'est pas du jazz pur, ni de la musique orientale, c'est tout simplement l'alliance des deux. Une fusion qui ne réussit pas à tous les artistes, puisqu'il faut à la fois trouver le bon rythme afin de créer une cohérence musicale. Fayçal Salhi le dit : «Ce n'est pas du jazz américain, ni de l'arabo-andalous, mais une expression contemporaine de ces héritages pour lesquels nous avons un immense respect !»Les puristes du oud se sont longtemps méfiés du jazz et de la possible union avec le oud, pourtant un instrument expressif et résonnant. «L'instrument en lui-même a un son si envoûtant, profond et léger à la fois, capable de donner des envolées lyriques, ou juste provoquer ces résonances qui arrêtent le temps, affirme le virtuose du oud. Il m'appartient de le mettre en situation avec des instruments, pour moi, venus d'ailleurs, avec cette envie réciproque d'exotisme pour faire court, ou plus exactement entamer une histoire. Une aventure humaine, un dialogue artistique, dont le but est de créer et partager une émotion toujours sincère», conclut-il.Que ce soit dans l'album Sur les routes de l'Orient, Timgad ou Elwène, le joueur d'oud, originaire de Khenchela, nous emmène, à chaque fois, à la rencontre de deux mondes : l'Orient et l'Occident. Malgré qu'il n'est pas assez programmé dans les festivals nationaux, l'artiste demeure attentif à tout ce qui est lié à la culture en Algérie et les artistes. «Je rêve d'emmener ma petite troupe créée il y a peu de temps avec mon ami Mohamed Guellati, lui aussi Algérien, à la rencontre du pays. Une vraie tournée dans les grandes et petites villes du pays. Je rêve de leur faire découvrir ce littoral que j'arpentais jadis avec ma famille. Je ne désespère pas que cela se produise un jour, mais je réalise ma chance d'être déjà venu jouer à Alger, Oran, Tlemcen, Constantine. Je veux aussi rendre visite à mon oncle Skandar (musicien que j'admire le plus) et jouer à Bordj après le concert que nous donnerons pour l'association Espaces à Sétif», s'enthousiasme Fayçal Salhi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Faten Hayed
Source : www.elwatan.com