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Droit de réponque du professeur Abdelmadjid Merdaci Idées-débats : les autres articles



Dans votre édition du dimanche 4 décembre 2011, vous avez publié sur deux pages un texte signé par A. Rouadjia, dont l'objet déclaré était de rendre compte d'une émission de la Télévision algérienne consacrée à la commémoration du 1er Novembre 1954 et à laquelle j'avais été convié. Il n'a pas échappé à vos lecteurs - dont beaucoup m'ont fait l'amitié de s'en émouvoir et encouragé à user du droit de réponse - que cet article professionnellement inqualifiable - critique télé, critique historique ' - ciblait ma personne de manière explicite, usant de procédés qui n'honorent ni leur auteur ni les principes généreux de la liberté d'expression.
Acteur public du fait de mes engagements professionnels d'universitaire, de chercheur et de citoyen, je serais le dernier à m'élever contre l'exercice, souvent tonique, de la critique que j'ai constamment appelée de mes v'ux et toujours acceptée comme un gage de l'enracinement du débat d'idées, si nécessaire à l'évolution de notre société. Il est clair que ce n'est pas le registre de mon censeur de circonstance avec lequel - je veux le préciser à l'intention de vos lecteurs - je n'entretiens et n'ai jamais entretenu de rapports ni de travail, ni de voisinage, ni de quelque nature que ce soit et l'apparente gratuité de cette attaque peut ouvrir droit à toutes les supputations.
Sur mes qualifications d'historien, il eut suffi à votre auteur de consulter - comme le font couramment étudiants, chercheurs ou journalistes - les sites Internet pour être fixé et je m'oblige à la cruauté du rappel que sur plus d'une trentaine d'années de participation aux colloques et aux publications sur l'histoire du nationalisme et de la guerre d'indépendance tant en Algérie qu'à l'étranger, je n'ai pas croisé le nom de cet inattendu défricheur des mémoires.
L'amalgame, digne des dénonciations anonymes que convoque votre auteur pour mettre en cause des personnes dont le tort apparent serait de figurer dans le champ de mes relations, confirme, si besoin était, qu'il s'agit bien d'une attaque ad hominem et informe sur ses intentions. Vos lecteurs avisés n'auront pas manqué de s'étonner de voir cités l'actuel secrétaire général du ministère de l'Enseignement supérieur - qui, par ailleurs, n'est pas économiste - et une éminente historienne - auteure d'une thèse référence sur Constantine de l'époque ottomane - dans ce qui se présentait comme une critique d'un débat télévisé sur le 1er Novembre 1954. Pouvait-il alors être surprenant que dans sa lancée votre correspondant en vienne, sans autre forme de procès, à remettre en question la validité scientifique des travaux de Benjamin Stora qu'il affuble - et la nature de la charge est éloquente - d'un grand-père rabbin de Khenchela.
Dans le souci têtu de disqualifier mes propos - qui ont duré deux minutes d'antenne et qui auraient assurément mérité au moins d'être portés à la connaissance des lecteurs qui auraient pu en juger -, le critique télé improvisé découvre, et il n'est jamais trop tard pour cela, les qualités du cinéaste Djelloul Haya auteur, écrit-il, «d'un film sur Mechati». Haya, comme le savent ceux qui s'intéressent à l'histoire du nationalisme algérien, est l'auteur de deux grandes séries historiques : l'une sur les négociations d'Evian - qui a fait l'objet d'une publication -, l'autre, Aux sources du 1er Novembre, qui eut un impact énorme lors de sa diffusion en 1990 et qui fut suivie du seul grand débat en direct diffusé par la Télévision algérienne, associant les grandes figures de la guerre d'indépendance et trois historiens algériens, dont l'auteur de ces lignes.
Les historiens de métier apprécieront aussi la foucade qui ramène le travail fondateur de Mohamed Harbi à l'aune d'un témoignage de surcroît sollicité. Quant au malouf, il est notoirement au-dessus des considérations misérables de votre médiocre censeur et ceux qui me font l'amitié de suivre mes modestes travaux savent à quel point je lui suis redevable des valeurs de beauté, de liberté et de tolérance si tragiquement blessées aujourd'hui. Tout cela confirme le triste constat Que la liberté d'expression vaut d'abord par l'usage qu'on en fait .
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