Khenchela - A la une

Beaucoup d'espèces menacées de disparition Animaux sauvages tués sur les routes à Biskra



Beaucoup d'espèces menacées de disparition Animaux sauvages tués sur les routes à Biskra
Selon des spécialistes, l'on est en présence d'un cas de rupture écologique générée par la modernisation des routes nationales, où les animaux sauvages ne peuvent pas accéder à d'autres espaces pour chercher leur nourriture.De plus en plus d'usagers de la route, des particuliers, des chauffeurs professionnels de poids lourds et de taxis signalent la présence, en pleine nuit, d'animaux sauvages sur les bords des routes ou carrément en plein milieu de celles-ci. Souvent, ils ne peuvent les éviter. Eblouis par les phares, ces animaux restent pétrifiés et se font immanquablement écraser. En effet, il n'est pas rare que des cadavres d'animaux percutés par des véhicules jonchent les routes nationales. Fennecs, gerboises, chats des sables, porcs-épics, lézards, serpents, chiens errants, belettes, lièvres, chacals et sangliers sont ainsi tuées sur les voies routières sans que personne ne puisse évaluer l'étendue de cette hécatombe touchant les espèces animales, relève Hamoudi Hayouni, ancien forestier, ornithologue autodidacte et amoureux de la nature, ayant à c'ur de mettre en exergue ce phénomène des animaux tués sur les routes.
Il estime que nous sommes en présence d'un cas de rupture écologique générée par la modernisation des routes nationales. Une rupture écologique est définie comme étant une dégradation de la qualité d'un environnement naturel ou d'un écosystème par rapport aux besoins d'une espèce animale ou de plusieurs, suite à une évolution des facteurs écologiques abiotiques ou de modifications induites par les activités anthropiques. Notre interlocuteur fait remarquer que toutes les routes qui ont été dédoublées ces dernières années sont équipées d'un muret en ciment d'un mètre de hauteur séparant les voies contraires et ceci sans discontinuité sur des kilomètres. Pour lui, cet obstacle artificiel constitue un barrage infranchissable pour bon nombre d'animaux ayant besoin de parcourir de longues distances pour trouver de la nourriture, boire ou mettre bas. La découverte qu'il a faite la semaine passée, d'une hyène rayée tuée prés d'El Kantara par un poids lourd, a suscité en lui une grande colère et de la consternation. Même si pour le commun des Algériens cet événement ne constitue pas matière à affolement ou indignation, la disparition de cette hyène est au contraire dramatique pour notre interlocuteur. Déplorant que les animaux ne bénéficient d'aucune considération dans l'imaginaire national, il nous dira dans ce sens : «Nos consciences sont obnubilées par des préoccupations d'un autre ordre que celui de la protection de l'environnement, de la biodiversité et des fragiles écosystèmes de nos régions. Notre patrimoine naturel s'étiole et cela n'émeut personne.» L'hyène rayée, carnivore charognard, joue un rôle primordial de nettoyeur de la nature.
Un individu peut trotter sur des dizaines de kilomètres à la recherche de nourriture. Une enquête auprès de forestiers, réalisée par Mourad Ahmim qui anime un site électronique dédié aux écologistes sahariens, indique que cette espèce a été signalée à Hadjout en 1999 (exemplaire tué), Khenchela (2000 et 2004 exemplaires tués), et en captivité au parc national de Belezma à Batna et à Bejaïa (1997 et 2005). Espérant que ce carnage touchant les animaux sauvages cesse et conscient que ce phénomène des animaux tués sur les routes ne constitue pas encore un cas de crise écologique majeur, tous prônent l'ouverture de passages à intervalles réguliers dans les murets en question, et l'aménagement de «tunnels écologiques» pour permettre aux animaux de traverser la route sans mettre en danger les usagers de la route et leur propre existence.
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