Khenchela - A la une

"A Sonatrach la corruption est favorisée par la multiplication des intermédiaires" (Attar)



Pour l'ex-PDG de Sonatrach Abdelmadjid Attar si grande corruption il y a au sein de cette compagnie, c'est principalement à cause de la « multiplication des intermédiaires » pour la conclusion des marchés. Selon lui, l'attaque terroriste contre le site gazier de Tiguentourine (In Amenas) aura des répercussions négatives sur les projets de développement pétro-gaziers situés dans des zones isolées, où l'exigence de mesures de sécurité renforcées retardera l'exploitation « au moins de quelques mois ».
Invité lundi au Forum du quotidien Liberté, Abdelmadjid Attar, ancien PDG de Sonatrach, s'est exprimé sur l'affaire de corruption qui secoue la compagnie pétrolière nationale depuis la révélation, en Italie, du versement de pots-de-vin à des cadres algériens par la compagnie italienne ENI pour favoriser sa filiale Saipem. « Je suis extrêmement attristé », a-t-il déclaré, indiquant que le facteur primordial, hormis l'argent, qui a favorisé la prolifération de la corruption au sein de Sonatrach est la multiplication des intermédiaires, du fait d'une « centralisation excessive ». « Des cadres m'ont avoué qu'il faut maintenant demander une autorisation pour respirer », a-t-il ironisé.
Pour Abdelmadjid Attar, « les cadres de Sonatrach ne sont pas en mesure de prendre des décisions » après cette révélation. Selon lui, la meilleure solution pour combattre la corruption au sein de la compagnie est la « décentralisation de la décision ». Il a affirmé que, durant la période où il était à la tête de celle-ci, les choses se passaient tout autrement. « Je n'ai jamais eu à signer un contrat. Je n'en ai même jamais vu la couleur », a-t-il reconnu, précisant que les comptes étaient exigés « a posteriori ».
Abdelmadjid Attar a exclu que ce qui est désormais appelé « l'affaire Sonatrach 2 » puisse avoir des répercussions nuisibles sur la compagnie pétrolière algérienne à l'international affirmant qu'il n'y a « absolument aucun risque » que celle-ci soit « abandonné par ses fournisseurs. « (Ce) coup dur a été ressenti davantage en interne qu'en externe », a-t-il estimé.
Tiguentourine, une attaque d'un genre nouveau
Pour l'ex-PDG de Sonatrach, l'attaque terroriste du 16 janvier dernier contre le complexe gazier de Tiguentourine, à In Amenas, indique des risques d'un « genre nouveau», car elle a été longuement préparée en dehors des frontières algériennes. « Cette situation n'est pas plus négative que ce que nous avons vécu durant la décennie de terrorisme », a-t-il relativisé toutefois, rappelant que la première attaque terroriste contre des installations pétrolières en Algérie a eu lieu en 1992 au sud de la wilaya de Khenchela.
L'attaque contre le site de Tiguentourine, a jugé Abdelmadjid Attar, pourrait avoir des conséquences sur des projets de développement pétro-gaziers situés dans des zones isolées, à l'instar des gisements d'Ahnet, Timimoune et Reggane. Pour lui, l'exigence de mesures de sécurité renforcées retardera l'exploitation « au moins de quelques mois ».
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