Jijel - Revue de Presse

ZIAMA MANSOURIAH Des baraques et c'est tout!



Les habitants dela localité de Tercha, surplombant la sortie de la commune côtière de ZiamaMansouriah, relevant de la wilaya de Jijel, vivent dans des conditionsinsupportables. Lors de notre passage dans ce soin situé sur une pentemitoyenne à un cimetière, nous avons été tristement surpris par l'état deslieux critiques de cet amas de baraques de fortune anarchiquement raccordé aucourant électrique. En compagnie de notre guide, originaire de ladite commune,nous avons du mal à se frayer un chemin à travers les ruelles ou plutôt desétroits passages entre les maisons de fortune de ces déplacés. Sur un tontriste, notre guide précise «vous n'avez pas besoin d'interroger les gens d'icipour se faire une idée sur leur vécu quotidien. La triste réalité de Terchaparle d'elle-même» en parcourant les différents coins de cette cité de fortune encompagnie de deux jeunes de ladite localité, nous avons été frappés parl'envahissement du cimetière par des vaches errantes. Le dicton local quidisait «pour être heureux, il faut que tu sois tout près de la mer ou tout prèsdu roi», est un vain mot ici à Tercha car en dépit de sa proximité de la mer,ses locataires comptent leurs malheurs et leurs misères loin des regards desofficiels dont la vision de Ziama Mansouriah se limite aux splendides grottesmerveilleuses qui sont, à vrai dire, l'arbre qui cache la forêt. Une forêttruffée de malvie et de laissés pour compte et de «ses déplacés forcés». Adosséà un mur, Ahmed, la cinquantaine, nous a exprimé le désarroi et la détresse desgens de Tercha. Son triste regard, à lui seul, exprime profondément la misèrequi règne en maîtresse des lieux dans ce coin tristement désert, un coindépourvu des conditions les plus élémentaires de vie: eau potable, routes,assainissement. A vrai dire Tercha, avec son lot de misères et de désarroi,constitue une plaie sociale dans une wilaya martyre qui a du mal à panser sesblessures de la décennie rouge et prendre en charge ses milliers de déplacésforcés. Ahmed disait en substance «je suis originaire de la localité d'OuledAli, j'ai fui le terrorisme. Actuellement je suis en chômage. Je travaillecomme ouvrier occasionnel dans les chantiers des travaux publics. L'Etat doitnous aider, j'ai à ma charge 09 gosses avec qui je partage une minusculebaraque de fortune. Le plus âgé de mes fils vient d'être exclu des bancs d'école.J'ai entrepris des démarches auprès de l'APC pour avoir un logement décent maisvainement, car la mairie ne s'intéresse à nous qu'à l'approche du vote». Unavis partagé par l'ensemble des gens de Tercha avec lesquels nous nous sommesentretenus lors de notre voyage-découverte. Notre guide nous a fait unerétrospective concernant ladite localité. «Beaucoup de choses ont changé»,a-t-il tenu à préciser sur un air nostalgique. Actuellement elle compte plus de200 familles issues essentiellement de l'exode massif de la décennie écoulée etses séquelles indélébiles. Elles se sont installées au milieu des années 90fuyant la menace terroriste et les disciples de l'»émir» du GIA, le sinistreRedouane Achir dont les troupes ont semé terreur et désolation dans ces régionsmontagneuses. Une dizaine de ces familles issuesessentiellement des milieux démunis sont des familles des patriotes et desmembres du GLD qui ont livré résistance aux groupes terroristes et qui se sontretrouvés, par la force des circonstances, entassés dans des baraques defortune.
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