Tous les projets structurants de la wilaya peinent à avancer.
«Comment voulez-vous que des touristes viennent dans notre région et quel courage faut-il à un investisseur pour s'installer à Béjaïa' ironisait hier un citoyen de Béjaïa dans une discussion portant sur la situation d'insécurité qui règne en maître dans la wilaya à la veille de la saison estivale.
Des interrogations légitimes que les responsables aux commandes de la wilaya doivent se poser aussi. Au lieu de se contenter de constat et de condamnation, comme c'est le cas avec la grève des transporteurs privés, le citoyen voudrait voir agir les hommes et femmes aux commandes des destinées de sa wilaya. C'est l'unique voie de salut pour une relance économique tant attendue. S'il y a quelques années on mettait cette situation délétère sur le compte des mouvements politiques, dont les réponses ne pouvaient être apportées que par les autorités supérieures du pays, aujourd'hui, les manifestations sont porteuses de revendications relevant des maires et de l'exécutif de wilaya. Un paradoxe typiquement bédjaoui. Il n'est pas sans faire fuir les plus téméraires des investisseurs et touristes. A Béjaïa rien n'est sûr. Sortir le matin de chez soi ne signifie pas forcément un retour, du moins dans les délais.
C'est comme ça que ça se passe depuis des années. L'insécurité ne relève pas seulement du banditisme mais également des nombreuses manifestations de rue qui défraient la chronique chaque jour que Dieu fait. Depuis plusieurs années maintenant, c'est devenu un rituel immuable. Rejoindre sa destination est une incertitude quotidienne à Béjaïa. Que ce soit en ville ou sur les axes routiers. Les citoyens manquant d'eau, de gaz, d'électricité ou de routes, bref d'un cadre de vie digne, n'hésitent plus à occuper la voie publique pour marquer leur mécontentement. Des promesses sans lendemain sont pour la plupart du temps à l'origine de ces colères de citoyens qui ne sont pas à leur première manifestation. En Kabylie, on ferme tout: routes, APC, daïra. Ces fermetures ne sont pas sans pénaliser non seulement la circulation donc le citoyen, et par ricochet tout développement pour ce qui est des transports de marchandises. En termes d'activités portuaires et aéroportuaires, il y a eu une baisse sensible de plus de 7% avec le départ de plusieurs opérateurs vers des ports limitrophes (Jijel et Skikda). Le fléau persiste, et sévit, à défaut de réglement des problèmes, produit les mêmes effets. Tous les projets structurants de la wilaya peinent à avancer. Ils connaissent des retards énormes du fait qu'aucune matière première à l'image des agrégats et ciment, ne parvient à temps sur les chantiers. Présentement, la ville est bondée de monde, elle compte plus de trois millions de visiteurs et plus d'un millier de camions viennent au port ou dans les différentes unités de production pour s'approvisionner. Leur fermer l'accès, c'est les condamner à la banqueroute et la mise au chômage de leur personnel.
Un climat délétère existe à Béjaïa, qui reste un «exemple-type de sous-développement», pour reprendre le commentaire d'un élu. Les projets structurants retenus pour la concrétisation de la dynamique de la relance économique fondée sur un développement durable et l'amélioration du cadre de vie de la population tardent à voir le jour. Un état des lieux qui nécessite des mesures urgentes à même de redonner espoir à une population dans l'attente.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki SLIMANI
Source : www.lexpressiondz.com