En dépit des contraintes multiples qui persistent encore, les produits forestiers enregistrent une croissance relative, alors qu'une meilleure optimisation des espaces forestiers permettra à coup sûr de booster la filière.
Selon le bilan présenté récemment par le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, les prévisions de la production du liège pour l'année en cours prévoient une croissance de 18% par rapport à l'année (2011).
Ainsi, la récolte de 2011 qui a atteint
47 869 quintaux de liège à l'échelle nationale passera à 58 266 quintaux, selon ces prévisions. L'est du pays reste la région qui présente toujours un meilleur potentiel en la matière. Durant l'année 2011, la wilaya d'El Tarf était en tête avec une production qui avait atteint les 9 960 quintaux et des prévisions de 13 671 pour l'année en cours. A Jijel, où la production de l'année passée a été de 9 899 quintaux, les prévisions tablent sur une production de 90706 quintaux à la fin de l'année 2012, alors qu'à Skikda, où
8761 quintaux ont été récoltés en 2011 une production de 11 236 quintaux est attendue à la même échéance (fin 2012). La production de liège est concentrée dans 13 principales wilayas du nord du pays. L'autre produit forestier dont l'Algérie dispose d'un potentiel relativement important est le bois, mais sa production, contrairement au liège, a connu un certain recul ces dernières années. Le bilan du ministère de l'Agriculture fait ressortir ainsi que la production de bois qui a été de 135 365 m3 en 2010 est passée à 118 833 m3 en 2011, soit un recul de plus de 12%. Cependant, durant le premier trimestre de l'année 2012, la récolte n'a été que de 5 341 m3.
Au-delà de ces bilans qui ne concernent que les deux produits phare de la filière, il y a lieu de souligner que l'exploitation des espaces forestiers bute sur plusieurs difficultés et contraintes. Il s'agit en premier lieu des incendies de forêt qui ravagent chaque année des centaines, voire des milliers d'hectares. La contrainte sécuritaire de ces 20 dernières années n'a pas manqué, elle aussi de porter un coup dur au secteur. Avec l'avènement du terrorisme, les forêts sont effet abandonnées notamment dans les régions les plus touchées par l'insécurité, à l'instar des wilayas de Jijel et Tizi Ouzou. Par ailleurs, les expertises et autres études effectuées dans le domaine attestent d'un réel potentiel qui nécessite une meilleure mise en valeur.
Prédominance de l'emploi précaire
Il faut dire qu'avec une superficie de plus de 2,38 millions d'hectares, l'Algérie est le deuxième d'Afrique en étendue, après le Soudan. Le Sahara, l'un des plus vastes déserts du monde, en occupe plus de 2 millions de kilomètres carrés, soit 84% du territoire. Les régions du nord de l'Algérie, où les conditions de climat et de milieu permettent le développement des formations forestières, occupent 250 000 km'2;, soit une moyenne de 10% de la superficie totale du pays. Les forêts et maquis couvrent 4,7 millions d'hectares soit un taux de boisement de 18,8% pour le nord de l'Algérie, mais 1,9% seulement de la superficie totale du pays. Ces indices ressortent du «rapport national de réflexion sur le secteur des forêts» élaboré en 2009 par le consultant Ghazi Ali au profit du programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Cet état des lieux, tel qu'il se présente, reflète bien évidemment une vulnérabilité criante de l'Algérie au plan de valorisation du secteur forestier. «Ces taux de boisement sont très insuffisants pour assurer l'équilibre physique et biologique», précise encore le rapport. Toutefois, le pays dispose de potentialités avérées pour faire du secteur des forêts une branche d'activité économiquement viable et un réel créneau de création de valeur ajoutée et d'emplois. Mais faute d'une mise en valeur de ce potentiel, les emplois créés dans ce secteur restent prédominés par les fonctionnaires de l'administration publique en charge.
Selon la FAO, 84 216 emplois ont été recensés dans le secteur des forêts, mais «il s'agit de ceux relevant de l'administration des forêts dont environ 250 personnes sont localisées au niveau central et le reste est réparti au niveau des 48 wilayas du pays, y compris les structures sous tutelle». En revanche, dans le volet relatif à la main-d''uvre intervenant sur le terrain, le secteur est prédominé par l'emploi précaire et temporaire comptant «61 265 emplois saisonniers aussi bien au niveau des administrations centrales que des entreprises publiques ou privées».
Sur un autre plan, la dégradation des milieux naturels qui ne fait que s'accentuer en Algérie implique pour l'économie nationale un manque à gagner estimé à 2% du PIB (produit intérieur brut), selon le document du PNUD. Ces dernières années, les pouvoirs publics prônent des programmes de développement et de réhabilitation des espaces forestiers. A cet égard, des investissements atteignant les 3% du budget d'équipement global mobilisé par l'Etat ces dernières années. Parmi les principales actions menées dans le cadre de ces programmes, il y a entre autres la reconstitution et la protection du patrimoine forestier, l'aménagement et la protection des espaces steppiques ainsi que la protection et la valorisation des espaces oasiens.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Naili
Source : www.elwatan.com