Cette fin de semaine, le président de la République a reçu le Premier ministre, puis le chef d'état-major de l'armée. Un mois après son retour, il était peut-être temps que la télévision publique et l'agence de presse officielle nous rappelassent que le chef de l'Etat est bien là et qu'il s'emploie à remplir ses tâches institutionnelles.Mais l'opinion publique a à peine pris note du cérémonial renouvelé, sans plus de commentaire. La question de la capacité de Bouteflika à assurer les activités liées à sa fonction ne se pose plus et le reproche de vacance du pouvoir n'est plus à redouter. Par lassitude ou par désintérêt pour la vie institutionnelle, ni l'opinion active ni la vox populi ne semble préoccupée par l'avenir politique immédiat.
Le pouvoir a tout le loisir de prolonger la maturation de son projet de Constitution qui s'étire depuis... deux ans et demi, de renoncer à l'obligation de tenir des Conseils des ministres, il semble que les Algériens ont définitivement consenti à ce qu'il se dispense de toute contrainte de fonctionnement. Le fait était observable depuis quelques années : ce n'est pas le manque d'activité publique du Président qui pose problème à notre opinion ; et c'est donc son absence plutôt que son inactivité qui, durant son hospitalisation, a créé la polémique.
Tout se passe comme si l'Algérie s'était installée dans une ère de transition dont on ignore la durée et la finalité. À peine se rassure-t-on par l'existence d'une date butoir, celle d'avril 2014, date à laquelle le pouvoir et, à sa suite, l'ensemble des acteurs de la vie nationale devront se définir. En attendant, le gouvernement fait de l'animation pour anticiper sur toute accusation de panne institutionnelle. C'est, comme on le voit, sur tous les fronts que les ministres, pour l'occasion privés de vacances, s'affairent sous la conduite d'un Premier ministre itinérant. Sellal remplit bien, en effet, cette tâche d'animation politique d'un pays immobile. Il réussit même à créer un semblant de vie publique, lors de ses visites de terrain, en laissant derrière lui des déclarations qui nourrissent le "débat".
Les promesses d'une relance de l'industrie, les prévisions de réalisation de logements et les apports annoncés de la prochaine tripartite font figure de programme pour une rentrée sociale. Et si la dérive mafieuse révélée par les "affaires" alimente la critique, la publicité faite à la lutte contre la contrebande et les transferts illicites de devises, elle, s'occupe de nous tranquilliser sur la résurgence morale de l'Etat. Avec une telle perspective, la question politique peut bien attendre.
Qu'importe que ce soit en exprimant son contentement de voir un appartement livré "avec de l'eau chaude", comme à Tizi Ouzou, ou en suspendant un chantier de construction parce que les plans ne correspondent pas au site littoral, comme à Jijel, l'essentiel est que le Premier ministre "garde le ballon", évitant que l'expression publique n'échoit encore aux détracteurs du régime.
En attendant, on ne voit pas plus loin que la prochaine distribution de logements et la tripartite de la rentrée.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mustapha Hammouche
Source : www.liberte-algerie.com