Jijel - A la une

Repère



Repère
Dans quelle Algérie sommes-nous ' Vraisemblablement dans celle des bourreaux, comme nous le démontre la une d'hier de notre confrère El Khabar. Des centaines d'anciens terroristes participant à une «université d'été», une véritable insulte à l'école et aux valeurs qu'elle porte, convoqués par leur chef, leur «émir», responsable de l'ex-Armée islamique du salut (AIS), Madani Mezrag. Le conclave, selon le journal, s'est déroulé le 15 août dernier dans la wilaya de Jijel.Il n'est pas étonnant que de telles incongruités arrivent dans l'Algérie de Bouteflika. Lorsqu'on voit Mezrag invité et reçu par le chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, pour discuter du «sérieux» projet de révision de la Constitution et pérorer sur le pavé de Djenane El Mithak, l'on se dit que si le pouvoir a toléré le pire, l'on ne peut s'attendre à mieux de sa part. Tant pis si un membre du présidium du Front des forces socialistes (FFS), Ali Laskri en l'occurrence, affirme avoir «reçu des signaux du pouvoir pour une transition démocratique qu'il nous faut exploiter», les vrais signaux des détenteurs de la décision, les seuls visibles et qui vaillent d'être bien clairs, en fait, ce sont ces pratiques qui assassinent chaque jour un peu plus l'espérance démocratique rendue possible grâce à d'énormes sacrifices consentis par les Algériens en général et des militants sincères en particulier.Mais pardi, par quelle logique l'on autorise Madani Mezrag à réunir des centaines de ses anciens sbires et que l'on conduise au commissariat un ex-candidat à la candidature à la dernière élection présidentielle, Rachid Nekkaz, qui prône la pratique politique pacifique, au motif d'attroupement public ' Dans un pays où l'on invite un ancien chef terroriste, qui «ne regrette rien, refuse son statut de repenti et n'a aucun remord pour les Algériens qu'il a exécutés de ses propres mains» (Jeune Afrique, janvier 2006), à donner son avis sur l'avenir constitutionnel de l'Algérie, mais où l'on matraque des médecins, des enseignants ou tout simplement des citoyens voulant faire entendre leur voix et revendiquer leurs droits de manière pacifique, il y a certainement quelque chose qui ne tourne pas rond.En effet, il y a un pas que le pouvoir n'a pas encore franchi : redonner une existence politique officielle à ces milliers de personnes affiliées dans le temps à une organisation terroriste et absoutes aujourd'hui de leurs crimes par la grâce présidentielle.Mais quels enseignements tirer de telles pratiques ' Interdire à l'opposition politique démocratique d'activer librement, lui mettre toutes les entraves possibles et imaginables, retarder l'octroi d'agrément à plusieurs nouveaux partis, exercer l'arbitraire pour tuer certains titres de la presse privée toujours attachés à leur indépendance renvoie un seul message : que la démocratie, dans son acception universelle, n'est pas au centre des préoccupations d'un pouvoir occupé par sa propre survie.Et choisir Mezrag comme interlocuteur politique est un indicateur suffisamment édifiant que les tenants du pouvoir font le choix du pire : que la violence soit la seule «loi» qui dirige les rapports sociaux et même politiques.


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