Jijel - A la une

Pillage du sable des plages à ciel ouvert



Sans jamais lâcher prise, les pilleurs redoublent d'arrogance et bravent l'interdit, même en plein jour.Une vidéo postée sur le Net il y a quelques jours, montrant des camions roulant à vive allure et à contresens de la circulation sur l'échangeur de Tassoust, à la sortie est de Jijel, n'a fait que rappeler que ce fléau n'a jamais connu de répit. En dépit des interventions de la Gendarmerie nationale, opérant à chaque fois des saisies de camions et des quantités de sable, les bandes de pilleurs ne s'arrêtent pas de porter atteinte au littoral.
Il y a des années déjà depuis que l'alerte a été donnée sur ce crime écologique, qui ne fait que s'aggraver en prenant une dimension de défi aux autorités.
Le blocage des accès au littoral par des blocs de béton n'a pas empêché ces bandes de sévir pour extraire le sable et le revendre à prix d'or à des chantiers de constructions qui ne se soucient guère de sa provenance. Evoquant ce phénomène lors de la présentation de leurs bilans annuels, les services de la Gendarmerie nationale ont souvent rappelé que ce problème doit également être réglé par des mesures administratives. Les solutions sécuritaires semblent avoir échoué pour l'endiguer. Preuve en est, ces camions transportant du sable pillé ne cessent d'exposer la vie des citoyens au danger en empruntant la double voie express de la RN 43 reliant Jijel aux localités est jusqu'au village de Lemzayer.
"À plusieurs reprises, j'ai échappé belle, lorsque je me suis retrouvé face à face avec des camions roulant, tous feux éteints, en sens inverse dans mon couloir de circulation", témoigne un habitué de cette voie. Il y a quelques jours, un motocycliste a été renversé par un pilleur de sable, à Harraten. Cet individu conduisait un camion tous feux éteints. Un autre camion a défoncé dans les mêmes circonstances le mur d'un cimetière à Kaous. Son conducteur qui s'en est tiré à bon compte, a pris la fuite.
Ce genre d'actions spectaculaires rythme quasi quotidiennement, à la nuit tombée, les voies secondaires reliant la RN 43 aux localités où ce phénomène fait rage. Avec le temps, de véritables bandes se sont organisées pour se lancer dans l'extraction illégale de sable le long de ce tronçon côtier. Elles sont aidées en cela par de jeunes complices, munis de téléphones portables et roulant souvent à moto qui leur font signe au moindre mouvement des éléments de la Gendarmerie nationale. Pis encore, même des camions acquis par le biais du dispositif de l'Ansej ont été utilisés dans le pillage de sable. Plus arrogantes encore, ces bandes défient même les gendarmes et les affrontent en pleine nuit, comme cela s'est passé à plusieurs reprises.
En tout état de cause et en dépit des mesures prises, ces bandes trouvent toujours le moyen d'ouvrir des brèches dans le dispositif d'accès à un littoral qui subit de plein fouet ce pillage criminel. Pour rappel, rien qu'en 2019, les services de la Gendarmerie nationale ont saisi 24 camions, 3 voitures, 1 remorque de tracteur, 1 rétrochargeur, 2 ânes et 13 motos servant à l'extraction illégale de sable, en plus de 2 467 m3 de cette matière, soit l'équivalent de 75 camions de 20 t, pour une valeur de plus de 6 milliards de centimes.
Il faut dire que le phénomène du pillage de sable à Jijel a des similitudes dans son organisation à l'autre phénomène de la contrebande à travers les frontières est et ouest du pays. Il implique des bandes organisées, utilisant tous les moyens de renseignements, des ânes, des camions sans plaques d'immatriculation, ainsi que d'autres outils pour arriver à leurs fins.

Amor Z.
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