Qui mieux que les saints peut assurer protection, paix et réconfort à une cité des'uvrée livrée au mal.
L'wali, sidi, baba, lalla, djida, quel que soit leur qualificatif, ils restent tous et pour longtemps les saints vénérés de la ville. A Béjaïa, plus d'une centaine y sont répertoriés, une trentaine uniquement pour le chef-lieu. Ils ont tous adorés, visités, sanctifiés. Des visites (ziarate), des offrandes (waâdate), des veillées (tabwitate), des sacrifices et immolation (dbihates) leur sont organisés à longueur d'année. Nombreux sont ceux qui viennent toujours d'ici, des villes avoisinantes et même de l'étranger visiter leurs mausolées (qôbas et tombeaux). Ces visites rituelles constituent des rendez-vous et des rencontres à l'occasion notamment des grandes fêtes de l'Achoura, du Mawlid. C'est l'occasion pour la communauté de se rassembler. Mais c'est aussi de grands moments de ressourcement, de méditation et d'oubli de la vie matérielle et de ses offres pour s'adonner lorsque c'est le cas à des transes (djdid), synonymes d'une ascension et communion avec ces maîtres et saints. Certains y viennent implorer grâce, pardon, d'autres atteints de maux divers cherchent à s'en libérer à travers des guérisseurs, comme la sorcellerie (shour) ou l'emprise de (djin). D'autres viennent pour se marier, avoir des d'enfants. Nombreux sont ceux qui ont été satisfaits et leurs demandes exhaussées. On entend sans cesse qu'Untel est guéri, un autre s'est marié ou a eu un enfant. «C'est à travers ces effets amplifiés par les a-t-on dit que ces lieux se maintiennent et sont toujours bondé de fidèles. A Béjaïa, ces saints, nombreux, ne sont pas tous connus, certains ont été oubliés mais point effacés de la mémoire collective car leurs tombeaux témoignent de leur existence mais certains sont visités plus que d'autres, les plus célèbres ont leurs histoires. Gouraya, la gardienne de la ville, a une place privilégiée du haut de sa montagne, situé à plus de 600 m. Trop longtemps restée un simple mythe qu'on confond avec ce roc, aujourd'hui, cette belle et rebelle guerrière qui sollicita Baba Arroudj pour combattre l'invasion espagnole est une réalité incontournable. Elle n'est pas non plus cette fille de Ahmed Raïs, son mausolée et tombeau ont été vérifiés sur les plans de l'architecte français Lemercier et sont bien implantés au niveau du fort Gouraya où elle trône pour l'éternité en sainte de la ville. Ses s'urs au nombre de quatre, Lalla Timezrit, est enterrée dans la ville dont elle a donné le nom, Lalla Djoua, à Oued Ghir, Lalla Yamma à Gouraya même. Quant à Lalla ou Djida Mezgjhita, son fief est à Jijel. Sidi Abdelhak reconnu pour sa justesse est celui qui a catégoriquement refusé et au péril même de sa vie de se soumettre aux injonctions du sultan et prononcer une fetwa injuste, d'où son nom de Abdelhak. Sidi Touati, c'est cet initiateur d'une université, la première que Béjaïa connu qui compta dès lors 3000 étudiants. R'djal Sebaâ (les 7 hommes) ont été sanctifiés par la population en raison de leur bravoure et sacrifice pour avoir réussi frayer un passage pour libérer le fort lors d'une bataille. Un fort qui porte désormais le nom de Bordj Moussa, leur chef. Beaucoup d'autres à l'image de Sidi Abdelkader désigné par le saint de la mer. Sidi M'hand Amokrane eut des missions guerrières, d'ambassadeur. Mais nombreux ceux dont on ignore le passé mais qui font l'unanimité parmi les populations. Sidi Aïssa (chantée par Djamel Allam), Baba Fessian, Sidi Soufi, Sidi El Mouhoub, Sidi Ali Labhar, Sidi Keroui, Sidi Bouderham, Sidi Aïssa, Sidi Laazib Oumaâmar' plus d'une trentaine peuplent la ville de Béjaïa et la protègent de leur baraka.Baraka toujours de plus en plus réclamée par une population profondément croyante, conservatrice et fidèle à une tradition bien maintenue qui ressurgit avec force. Ces lieux, quelque peu déviés de leur vocation, font actuellement l'objet d'un détournement de leurs fonctions originelles. Ils sont les proies de certains esprits malveillants desquels il faut se méfier. La propreté est également le point faible, et l'un des inconvénients qu'il y a lieu de lever à travers la désignation d'agents à leur exclusif service pour le nettoiement et le gardiennage.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B M O
Source : www.lnr-dz.com