Jijel - A la une

Les à-côtés de la ville



Les à-côtés de la ville
Un trou de verdure « C'est un trou de verdure où chante une rivière... », impossible d'éviter ce vers de Rimbaud quand on découvre Kaous, nichée à un jet de pierre de Jijel. La région a pourtant bien changé et la prospérité d'avant a pris la poudre d'escampette parce que le village a été le théâtre dramatique des événements qui ont ensanglanté tout le pays. Kaous haut-lieu des groupes terroristes a fini par retrouver la vie paisible d'antan. « Mais ce n'est plus comme avant », nous dit ce vieux paysan, « les gens ont abandonné jusque leurs vergers et nous n'avons plus les mêmes récoltes qu'avant... ». Avant il paraît que les vignes s'affaissaient sous la lourdeur des grappes du muscat, des poires grosses comme ça et juteuses à l'envi, des fraises, des vraies pas comme celles qu'on cultive sous serre... De tout ça, il ne reste plus rien. Les jeunes, nous dit notre vieux paysan, ne travaillent plus la terre. Ils préfèrent l'Ansej...Des grottes sombres Les grottes merveilleuses portent bien leur nom et la longue corniche qui y mène est désertée par les vendeurs de babioles et de souvenirs qui font la joie des touristes. Durant la morte saison, il ne sert à rien d'installer son étal, la clientèle se faisant très rare ou même inexistante. Le préposé à l'entrée semble se réveiller d'une longue sieste, parce que novembre est un mois mort.A l'écrire très franchement, ces grottes, toutes merveilleuses qu'elles sont, subissent une dégradation due sans doute à un entretien pas très tatillon. L'éclairage est défectueux et malgré la beauté du site, sa mise en valeur par la lumière fait terriblement défaut. Contrairement aux grottes de Béni Add à Tlemcen qui sont superbement illuminées, celles de Jijel sont chichement éclairées. C'est un précieux patrimoine qu'il faut mettre en lumière.Chez l'habitant, la nouvelle formule du tourisme Pendant les vacances, on croirait que la moitié du patrimoine immobilier de la ville est en location. C'est un Jijeli de souche qui nous parle ainsi. Parce que la formule « location chez l'habitant » a rencontré un tel succès qu'elle en est devenue inévitable chaque été. En effet, des appartements dans des cités sont proposés à la location à la journée et tout le monde trouve son compte. Le propriétaire qui voit un revenu providentiel lui tomber du ciel ? le prix de la location varie entre 5.000 et 10.000 DA la journée en fonction du standing ? et le vacancier aussi puisqu'il dispose de tout le confort entre literie, cuisine et salle de bains. Cette formule vient combler un grand déficit en matière d'infrastructures hôtelières et si Jijel possède quand même de nombreux hôtels, ils restent nettement insuffisants et affichent complet durant la haute saison. Notre interlocuteur nous précise que de nombreuses familles déménagent carrément au douar ou chez des parents pour louer leurs logements et s'assurer ainsi de substantiels revenus. Cette formule introduit le débat sur l'hébergement chez l'habitant très en vogue sous d'autres cieux et il conviendrait peut-être d'exploiter ce filon notamment en ce qui concerne le tourisme de montagne confiné pour le moment à quelques lieux-dits comme Tikjda, Chréa qui se trouvent submergés en hiver. Les Aurès, par exemple, offrent des sites inégalables mais manquent cruellement d'infrastructures d'hébergement et les rares auberges, qui y activaient, ont depuis longtemps fermé. Faute de clientèle. En tous cas, Jijel ne manque pas de clientèle et le véritable boom touristique a eu lieu au début des années 2000 quand la paix revint dans cette contrée. Alors Jijel fut une découverte pour beaucoup de familles en quête de quiétude.


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