Les scènes de violence ne sont pas différentes d'une wilaya à une autre.
Depuis le début de l'année, plusieurs wilayas de l'est du pays ont été touchées par le vent de la protestation. Les sièges des institutions publiques sont attaqués, les commissariats de police et les brigades de gendarmerie caillassés, des routes fermées tandis que d'autres établissements saccagés. C'est le vent de l'Est qui souffle. Pas plus loin qu'avant-hier, peu avant midi, des dizaines de jeunes ont tenté de saccager les locaux de la daïra de Azzaba (wilaya de Skikda.) La raison: un violent incendie s'est déclaré dans la nuit de vendredi à samedi au niveau du marché commercial informel situé à la rue El Mokrani, au centre-ville de Azzaba, en face du siège de la daïra.La Protection civile sitôt alertée s'est dépêchée rapidement sur les lieux avec des moyens matériels, mais des jeunes en colère l'ont prise à partie, lui reprochant son arrivée tardive. Deux de des véhicules, une ambulance et un camion, subiront des actes de vandalisme.
On déplora des bris de glace de cinq bureaux du poste de police en sus de deux véhicules caillassés. L'émeute s'est ensuite propagée un peu partout. Des jeunes survoltés ont investi le centre-ville bloquant la circulation et semant une panique générale. Les émeutiers voulaient s'attaquer au siège de l'APC.
Il a fallu l'intervention des forces de l'ordre pour maîtriser la situation à coup de gaz lacrymogènes. La route Azzaba-Annaba a été coupée à la circulation. Un doigt accusateur est pointé en direction des habitants de la cité périphérique de Diar Ezzitoun, qui seraient à l'origine des troubles ayant secoué la ville de Azzaba.
L'origine de l'incendie n'est pas encore connue quoique l'endroit ne dispose d'aucune mesure de sécurité, ni d'un extincteur, et l'aménagement des couloirs et la disposition des étals remplis de marchandises, hautement inflammables réunissaient toutes les conditions d'un incendie. Le centre commercial en question est, en effet, un squat d'une partie d'un parking attenant au siège de la daïra de Azzaba par une centaine de jeunes sans emploi, il y a quelques années.
C'est l'un des points noirs du centre-ville de Azzaba, car dépourvu de conditions d'hygiène et de sécurité, notamment la présence de centaines de câbles électriques.La semaine dernière, dans la wilaya de Jijel, la colère des jeunes de la cité Ayouf sur les hauteurs de Jijel, consécutive à la mort d'un homme par électrocution, a généré un réel danger sur la population après l'endommagement des montants en béton armé d'un pylône, supportant une ligne de 30.000 volts, et qui se trouve près des immeubles de la cité des Martyrs Abdi.
Des jeunes, munis de burins et de pioches se sont attaqués, à hauteur d'homme, à ce pylône, dégradant dangereusement une partie circulaire du béton mettant à nu les armatures en acier sur lesquelles reposent désormais les deux montants du pylône.
C'est une véritable catastrophe qui a plané sur ce quartier. La cité Ayouf et celle adjacente des Martyrs Abdi, ont vécu au rythme des affrontements entre jeunes et policiers. Ces derniers ont dû faire usage de gaz lacrymogènes. La circulation était fermée sur la route principale qui mène à la trémie et celle qui dessert la cité des Martyrs Abdi où les chaussées étaient jonchées de pneus et de poubelles en plastique calcinés, de pierres et d'immondices. En février dernier, des affrontements ont éclaté entre des manifestants et les services de police dans la localité de Souk El Tenine dans la wilaya de Béjaïa.
Les manifestants réclamaient aux autorités l'aide aux habitants touchés par la vague de froid et de neige qu'a connue la région, notamment l'approvisionnement en gaz butane qui manquait depuis le début des intempéries.
Les contestataires ont d'abord procédé à la fermeture de la route qui mène vers Sétif avant d 'aller, quelques heures plus tard, s'attaquer au commissariat de la localité. Longtemps autoritaires et répressives, les autorités ont décidé d'éviter la confrontation avec les citoyens en colère, vu le climat délétère qui sévit au sein de la société algérienne au moindre mouvement de foule contrarié par les forces de sécurité. En effet, le tort causé par les segments les plus violents ou les plus radicaux de la communauté nationale revient en fait au premier responsable de cette situation, l'Etat.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Idir TAZEROUT
Source : www.lexpressiondz.com