Au-delà de la crise sanitaire du coronavirus qui l'a réduit au confinement comme tous les autres citoyens, Hamid, appelons-le ainsi, est un quadragénaire originaire de la ville d'El-Milia, où il vit dans la précarité depuis sa tendre enfance. Atteint d'une drépanocytose, une méchante maladie chronique de l'hémoglobine, particulièrement difficile à gérer, il subit de plein fouet les effets de ce confinement. Marié et père d'un enfant en bas âge, cet homme a passé le plus clair de sa vie entre des séjours à l'hôpital et une pénible souffrance, due aux douleurs atroces déclenchées épisodiquement par sa maladie.Bien avant la survenue de cette crise, il vivait déjà dans un contexte précaire. S'il est confronté à cette situation, c'est parce que sa maladie l'a empêché de poursuivre des études ou d'apprendre un quelconque métier. Pour subsister, il s'adonne à un petit commerce pour vendre, la nuit tombée, des brochettes dans son quartier. "Ils nous ont fermé", dit-il, pour signifier qu'il ne travaille plus.
Depuis cette fermeture, il n'a plus que ses 3000 DA que lui verse mensuellement la DASS, au titre de sa maladie chronique, pour vivre. "Avant, c'était plus ou moins mieux avec ce que je faisais, maintenant je n'ai plus que cette petite pension", indique-t-il. Endurant sa souffrance avec sa petite famille, il ne sort plus que pour faire un tour pas trop loin de sa maison et revenir. "Je manque déjà du sang", confie-t-il. À sa souffrance matérielle s'ajoute une souffrance physique, puisque, outre les douleurs qu'il ressent de temps à autre, il a souvent besoin d'être transfusé.
Et dire qu'à ce jour Hamid n'a reçu aucune aide. Ni soutien. Pas même un sac de semoule. "Je me suis inscrit à l'annexe communale du quartier et, depuis plus d'une semaine, j'attends. On m'a promis de m'appeler, mais rien pour le moment", relate-t-il. Il n'en est également rien pour la fameuse prime de 10 000 DA, que les services de l'Etat ont promis d'octroyer aux personnes vulnérables, touchées par cette crise sanitaire.
"Le représentant du quartier m'a indiqué qu'il a porté mon nom sur la liste des bénéficiaires", poursuit-il, tel un fataliste. Il faut dire que notre interlocuteur n'est pas du genre à se plaindre et semble remettre son destin à la volonté de Dieu pour surmonter sa difficile situation. Sans dire plus sur son statut de citoyen ayant besoin d'un soutien en cette pénible période de confinement, Hamid mérite que les services communaux se penchent sur son cas.
Que peuvent-ils lui faire, ses 3000 DA, serions-nous tentés de nous interroger, dans un tel contexte de crise, lui qui doit se soigner, nourrir sa famille et préparer le mois de Ramadhan ' Il faut seulement souligner que le cas de Hamid n'est pas le seul, puisque d'autres personnes souffrant de la même maladie et vivant dans la même privation attendent que l'Etat leur vienne en aide en cette exceptionnelle crise sociosanitaire.
Amor Z.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amor ZOUIKRI
Source : www.liberte-algerie.com