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Le seuil de l'intolérable



Le seuil de l'intolérable
Deux ans après son élection, le bilan de l'actuelle APC n'est guère reluisant.Essayer de faire quelque chose pour cette ville au lieu de taper sur l'hôpital et les conditions de prise en charge des malades, regardez comment est la route qui mène à cet établissement de santé ; elle est une honte pour cette ville ou le cadre de vie est des plus dégradé ; savez vous, monsieur, que le constructeur Renault a refusé d'installer son usine à Bellara parce qu'il a trouvé cette ville misérable et sans commodités de vie '», c'est en ces termes qu'un des membres du conseil d'administration d'un établissement de santé public représentant un organisme d'assurance a répondu à un élu à l'APW, membre lui aussi, de ce conseil lors de sa dernière réunion, tenue à l'hôpital de la ville d'El Milia.Dans cette commune, également chef-lieu de daïra, comptant près de 100 000 habitants, ce qui la place en deuxième position des villes les plus importantes de la wilaya, après Jijel, la dégradation du cadre de vie a atteint un seuil intolérable. Reconnaissant ce triste constat, l'élu membre du conseil d'administration a lui-même fait part de son agacement de cette situation. Pourtant, celui-ci était membré de l'APC lors du mandat précédent. «On a passé notre temps à combattre la médiocrité incarnée par l'exécutif communal», s'est-t-il justifié.On se souvient que durant quatre ans lors de ce mandat, les membres de cette assemblée ont passé tout leur temps à se chamailler avec leur premier responsable, sans jamais parvenir à l'évincer. L'expiration de ce mandat n'a pas été sans laisser des séquelles indélébiles sur la régression de cette ville dans tous les domaines. Une année après leur arrivée, les nouveaux locataires de l'hôtel de ville ne semblent pas faire mieux, au grand dam de la population. D'ailleurs, à peine la première année bouclée, le P/APC, fort de ses soutiens, a opéré un mouvement de redistribution des rôles au sein de l'exécutif communal.Jeux d'alliances«On assiste aux même réflexes ; ce qui s'est passé du temps de Bouledjouidja, ex-P/APC est en train de se reproduire avec Laouar, actuel maire de la ville», s'amuse-t-on à dire. Ces deux hommes ont fait parler d'eux lors du précédent mandat. Figurant sur une même liste du parti FNA lors des élections locales de 2007, avant de se retourner l'un contre l'autre, ils se sont retrouvés à la même assemblée communale en 2012, mais cette fois-ci sur deux listes différentes. Le premier a été réélu avec le FLN, pendant que le second est arrivé sur une liste du PT qui l'a propulsé, suite à des jeux de coulisses, à la tête de l'APC.Les tiraillements qui ont opposé ces deux hommes durant tout un mandat ne les ont pas empêchés de sceller leur alliance, pour se retrouver cote à cote dans le même exécutif de l'actuelle APC. «Pour la bonne cause, on efface tout et on recommence», ironise-t-on au sein de l'opinion publique locale, restée abasourdie par ses changements d'humeur incarnés par deux hommes qui se sont relayés sur les commandes de cette municipalité depuis 2007.Si pour beaucoup les deux personnages ne reflètent que la face cachée de tout l'iceberg de la gabegie qui a longtemps régné dans cette ville, l'irrémédiable dégradation de cette dernière ne laisse plus indifférent. «C'est affreux, cette ville a perdu son âme, elle n'est plus qu'un champ de misère, on ne sait pas qu'est ce qu'on fait devant ce qui se passe», s'étonne-t-on à chaque fois qu'on évoque le cas de cette agglomération. Ce qui est sur c'est que dans les couloirs de la wilaya, cette situation ne laisse plus indifférent. «Le problème est au niveau local, il faut que les élus se mettent d'accord entre eux, ils sont toujours en conflit», reconnaît-t-on.Une catastrophe urbaineEt pourtant, hormis ce qui se dit, rien ne semble s'entreprendre pour arrêter la catastrophe urbaine que connaît cette ville. Interpellé sur cette situation, le P/APC et ses collaborateurs les plus proches parmi les élus ont eux-mêmes tiré à boulets rouges sur tout ce qui bouge dans cette ville. Ni l'ADE, ni les services de l'hydraulique ou Sonelgaz, ni même le contrôleur financier et le receveur de la recette communale, ou encore les entreprises n'ont échappé à leur critiques.Pour le maire et ses subordonnés, chacun de ces acteurs a un rôle nuisible dans ce qui arrive à cette ville. Sans charme, ni repères en plus d'être défigurée par le phénomène des constructions illicites, face auquel on avoue être impuissant pour l'endiguer, la ville d'El Milia est aujourd'hui l'ombre d'une agglomération aux abois. Le visiteur de la ville est d'abord frappé de stupeur devant l'ampleur de la catastrophe qui s'offre à ses yeux.En dépit des consistantes enveloppes budgétaires dégagées pour l'amélioration du cadre de vie et la réalisation de projets d'utilité publique, la situation est des plus chaotiques. Le réseau routier est dans son ensemble complètement hors usage. Aucun tronçon n'est praticable. Une simple opération de réfection d'un petit parcours peut s'étendre sur plusieurs mois, avant qu'on arrive tant bien que mal à couvrir la route par une couche de bitume, qu'on creuse rapidement le lendemain pour le besoins de passage d'un réseau d'AEP ou d'assainissement ou d'un projet de gaz ou d'électricité.Les fuites d'eau et les réseaux d'assainissement défectueux ont davantage nuit à l'état des routes. Les trottoirs sont éventrés et l'éclairage public défaillant presque dans son ensemble, s'ajoutent à l'insalubrité qui n'épargne aucun espace. Le tableau est davantage noirci par tant d'abandon et de négligence. A cela s'ajoute une misérable circulation automobile qui ne tient compte d'aucun respect du code la route, rendant le centre-ville encombré à longueur de journée.Le décor est enfin planté par un désordre sur les rues et les trottoirs qui demeure le maître mot de la situation. Si ailleurs on se plaint de l'isolement dans les localités rurales, à El Milia, c'est le centre-ville lui-même qui est resté isolé durant de longs mois. L'exemple des travaux qui ont eu lieu à la rue Zighout Youcef et au boulevard du nord, restés coupés à la circulation par des chantiers interminables, en sont les témoins de cette situation inédite.


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