Le service des urgences chirurgicales du centre hospitalo-universitaire de Constantine (CHUC) est particulièrement éprouvé en ce mois d'août, période caractérisée par un manque d'effectif suite aux départs en congé, puis par un surcroît d'arrivées en raison des accidentés de la route dont le nombre est en hausse.
En plus de cette situation déjà difficile, il y a aussi les transferts de malades des 15 wilayas de l'est du pays pour le plus souvent de simples appendices et de petites plaies abdominales etc. Selon M. Khennaoui Rabah, chef du service, les urgences « sont complètement submergées aussi bien dans les blocs opératoires que dans les salles de consultation, recevant des patients venant des wilayas voisines et surtout de Mila, Jijel, Oum El-Bouaghi et Guelma pour pratiquement de simples «bobos», que les établissements hospitaliers de ces chefs-lieux peuvent facilement prendre en charge. Manifestement, ils ne le font pas, préférant évacuer les malades vers le CHUC».
«La raison, dira-t-il, c'est qu'en vérité, l'effectif des chirurgiens de ces wilayas est réduit à sa portion congrue, la majorité sont partis en congé annuel, et ce, contrairement à une circulaire de la tutelle qui en réglemente les départs. En effet, seul le tiers de l'effectif est autorisé à en bénéficier en même temps. Cette directive n'est nullement respectée, expliquant dans une large mesure, l'envoi de malades vers Constantine dans le désordre et la confusion». Et d'ajouter, que «le transfert ne peut se faire qu'avec l'accord de l'autorité chirurgicale consultée, ce qui n'est pas le cas», dira notre interlocuteur.
Le plus souvent, poursuit-il, «le malade est évacué sans avis préalable et sans attendre le OK du chirurgien du CHUC. Pourtant, le respect de la procédure vise à une bonne prise en charge et moins de complication et de décès en cours de route. Il n'est pas rare que le transféré décède lors du trajet, parce que ne supportant pas le déplacement. Evénement malheureux qui aurait pu être évité, si l'évacuation n'avait pas été faite dans la précipitation et l'anarchie». Ainsi, outre cette situation difficile, le service des urgences chirurgicales du CHUC, d'une capacité de 36 lits, se retrouve avec un surcroît de travail, à telle enseigne qu'il n'est pas rare qu'il reçoive le triple de ses capacités.
Les lits des salles de réanimation du service, le jour de notre visite, étaient tous occupés par des patients, des accidentés de la route surtout qui ont subi une intervention chirurgicale.
M. Khennaoui, n'étant épaulé que par deux autres chirurgiens, avoue dépité qu'au moment des «pics», ils sont obligés de se faire aider par une équipe «d'internes» allant un peu à l'encontre de la réglementation. «Mais ce n'est que de cette manière que toutes les urgences sont prises en charge. Il y a lieu d'indiquer dans ce cadre que le service prend en charge et assure, bon an mal an, 3.600 à 4.000 hospitalisations en urgence chirurgicale.
Notre interlocuteur se plaint du manque des paramédicaux. Plusieurs d'entre eux partiraient en «masse» pour le secteur privé, attirés par des salaires autrement plus consistants.
En tout état de cause, M. Kennaoui tiendra à préciser que face à ces conditions de travail très difficiles, la DG a été destinataire de doléances dans ce sens, mais comme il s'agit d'un service d'urgence, «les patients ne sont pas refusés, nous travaillons avec les moyens de bord et faisons de notre mieux».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : A El-Abci
Source : www.lequotidien-oran.com