
Après une relative accalmie, le terrorisme revient ces jours-ci au devant de l'actualité, avec son lot de sang et de larmes. Un attentat à la bombe, ciblant un bus, vient d'endeuiller la petite municipalité des Issers, dans la wilaya de Boumerdès. Bilan : 4 morts et 2 blessés graves. Simultanément, un violent accrochage entre les éléments de l'armée nationale populaire (ANP) et un important groupe terroriste, à Béni Amrane, dans la même wilaya, s'est soldé par la mort d'un militaire et 12 autres blessés. On y a enregistré la neutralisation de 7 terroristes, portant à 11 le nombre de terroristes abattus à travers le pays en moins de 24 heures. Dans la wilaya limitrophe de Tizi Ouzou, les tueurs du groupe salafiste pour la prédication et le combat (Gspc) n'ont pas cessé de défrayer la chronique locale: attaques de patrouilles des services de sécurité, rackets des commerçants et voyageurs, rapts et demandes de rançons. Le même climat d'incertitude caractérise la région de Jijel. Vaincues et discréditées, les hordes sanguinaires de Droukdel pratiquent, à présent, la politique de la terre brûlée. Rien n'échappe à leur rage meurtrière, les services de sécurités, les autres institutions de l'Etat et les populations civiles sont pareillement visées. Les services compétents viennent de rendre publique une liste de 63 terroristes jugés très dangereux, parmi lesquels 2 kamikazes et 3 activistes du groupe islamiste combattant de Libye (Gicl). Autrefois dirigé par Abdelkrim Belhadj, l'actuel chef militaire de Tripoli, le Gicl a longtemps collaboré avec le Gspc, auprès de qui ces sanguinaires venaient faire leurs premières armes durant les années 90. Ayant activement participé au renversement du régime de Mouammar Kadhafi, les membres de ce groupe djihadiste sont aujourd'hui aux commandes de «la nouvelle Libye». A partir de cette position, ils comptent visiblement prêter main forte à leurs frères d'armes. Malgré les assurances et les garanties maintes fois réitérées par le CNT, les gardes frontières et les patrouilles mobiles de l'ANP ont récemment déjoué plusieurs opérations d'introduction d'armes et de munitions venant du territoire libyen. La dernière prise a été effectuée à Djanet, au mois de décembre dernier, où les militaires ont intercepté deux véhicules bourrés d'armes. Des dizaines de trafiquants et passeurs impliqués ont été arrêtés. Ce réveil de la bête intervient curieusement à quelques mois d'une échéance électorale capitale. Les élections législatives du 10 mai prochain mobilisent, d'ores et déjà, les formations politiques et les acteurs de la société civile. Cette consultation, présentée comme une phase décisive dans l'approfondissement du processus de démocratisation du pays, risque, si l'on ne fait pas suffisamment attention, d'être perturbée par l'entrée en scène des intégristes armés. La circonstance se prête en effet aux actions spectaculaires et médiatiques, adoptées par le Gspc pour se maintenir artificiellement en vie dans les journaux et sur les écrans de télévision. Dans une campagne de communication par SMS, les services compétents ont appelé les citoyens à rester sur leurs gardes et à faire preuve de vigilance pour déjouer d'éventuels attentats à la bombe sur les lieux publics. Le danger est omniprésent. Quelles que soient leurs opinions et leurs convictions politiques ou religieuses, tous les algériens sont appelés à se serrer les coudes pour faire barrage à ce péril qui menace leur vie et la stabilité de leur pays. Face à un tel fléau, pas d'autre alternative possible.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Amghar
Source : www.latribune-online.com