Qu'attend-on pour entamer des aménagements, alors que de nombreuses constructions menacent ruine et que des bâtisses couvertes de moisissures témoignent d'une époque révolue '
Conçu dans un style incitant à la vie en communauté, le centre-ville de Jijel est cruellement délaissé. Loin des regards et de ces vastes rues convenablement entretenues, il offre un spectacle d'abandon et de désolation. Achevé par le désordre du commerce des trottoirs aux alentours de son marché, le c'ur de la ville est complètement délabré. «Regardez, tout est à démolir ou à entretenir», nous interpelle un habitant. Sans être natif de Jijel, il exprime une pointe d'amertume à l'égard de ces bâtisses délabrées.
De nombreuses constructions menacent ruines. D'anciennes bâtisses couvertes de moisissure sont là pour rappeler qu'une époque est bel et bien révolue. «Qu'attend-on pour entamer des aménagements ; curieusement, le centre-ville a été exclue des opérations d'entretiens des trottoirs, et même les parties qui ont été refaites ont vu le carrelage se décoller», s'interroge-t-on sur fond de dépit. Le marché de la ville, datant de l'époque coloniale, a vu ses stands se vider de leurs commerçants. La mode est à la vente sur les trottoirs. Devant cet espace, c'est la cohue totale. Les vendeurs de la coriandre se mêlent aux marchands des fruits et légumes, qui se bousculent pour accaparer le moindre endroit qu'offrent les alentours immédiats du vieux marché. Absents pour cause du mauvais temps empêchant les marins pécheurs de s'aventurer en mer, les poissonniers ont vu leurs habituels espaces occupés par d'autres vendeurs. Tout autour, l'agitation continue au grand bonheur de ces commerçants illégaux. Ici, on vend tout.
Des objets sans valeur, trouvant toujours preneurs, sont exposés. Des meubles anciens aux vêtements usés en passant par divers objets hétéroclites, le commerce du trottoir fleurisse au détriment de la quiétude de la ville. Déjà, les trottoirs, squattés, sont délabrés. La tentative de les «libérer» de ces indus occupants a vite fait réagir ces derniers, qui ont affiché une grogne ayant dissuadé les autorités de les inquiéter. Imposée, leur loi a fini par être respectée et depuis plus personne ne souffle mot sur leur activité. L'implantation d'un centre islamique juste en face du lieu de l'ancienne église, démolie depuis deux décennies, n'a pas changé à l'ambiance hideuse qui règne dans les lieux.
«On aurait pu épargner l'église; elle était un monument de la ville», regrettent certains. Sous la pression du mouvement islamiste du début des années 1990, la cathédrale a été rasée. Une gigantesque nappe d'eau stagnante envahie par une végétation a pris forme en lieu et place de la construction démolie. Le projet de réalisation d'une mosquée dans cette assiette ne fait que trainer depuis des années, faute de financement, bien qu'on annonce qu'une enveloppe a été dégagée pour cette opération. Véritable plaie béante, l'endroit de ce marais n'a fait que rajouter à la misère du centre-ville.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouikri A
Source : www.elwatan.com