Dans toute la wilaya, l'eau en H24 est encore un v?u pieux, bien qu'elle soit dotée de cinq barrages.En pleine polémique sur l'alimentation en eau potable dans le pays et la décision de relever de leur poste de responsabilité 26 directeurs de l'ADE, dont celui de Jijel, la situation ne s'améliore guère dans ce domaine dans la wilaya de Jijel.
Si le directeur local de l'ADE était donné partant à la retraite, après 11 ans passés à Jijel, avant même qu'il soit mis fin à ses fonctions, sur le terrain, la crise de l'eau est imputée à plusieurs autres facteurs qui ne dépendent pas forcément de la volonté de l'entreprise qu'il gérait. Depuis son installation à la tête de l'ADE à Jijel en 2009, cet ex-responsable a assisté impuissant à la sévère crise d'eau qui sévit à El-Milia, la deuxième plus grande agglomération de la wilaya de Jijel. Il n'a cessé de faire le constat d'une situation critique, pointant notamment du doigt le manque d'investissements dans la rénovation des réseaux existants. Comble de l'ironie, le départ de ce directeur survient dans un contexte d'attente de la mise en service du projet de raccordement aval au barrage de Boussiaba de six communes, dont celle d'El-Milia, qui tarde à voir le jour.
Un projet sur lequel il a longtemps misé pour se débarrasser d'un encombrant problème d'AEP à El-Milia. De l'avis de tous les initiés à sa complexité, "ce problème perdurera encore tant que ce projet n'est pas mis en service et tant que les réseaux de conduite d'eau à travers cette ville ne sont pas rénovés".
Cependant, Jijel et El-Aouana sont nettement mieux dotées depuis leur raccordement à la station de pompage et de traitement du barrage de Kissir. Dans les autres agglomérations, la situation reste encore à améliorer. Plus encore, elle est à prendre en charge en urgence dans des localités nécessitant l'inscription de projets d'AEP. Dans toute la wilaya de Jijel, l'eau en H24 est encore un v?u pieux, bien qu'elle soit dotée de pas moins de cinq barrages conçus pour l'AEP et l'irrigation à l'échelle locale et même régionale. Deux de ces ouvrages hydrauliques (Boussiaba et Tabellion) sont destinés à renforcer l'apport en eau brute des barrages de Beni Haroun (Mila) et de Draâ Eddis (Sétif). Pendant ce temps, la soif continue de sévir sur les berges de ces barrages, à l'image de la ville d'El-Milia et des localités avoisinantes qui attendent d'être abreuvées par le barrage de Boussiaba.
Dans les agglomérations rurales, la situation est plus critique avec des sources d'eau qui se tarissent en plein été, plongeant la population dans un état de détresse. Dans certaines communes, l'attente perdure pour la réalisation d'un hypothétique projet qui ne s'inscrit pas, à l'exemple de Belhadef et Ouled Askeur, dont l'AEP dépend de moyens rudimentaires. La population est ainsi poussée à aller chercher l'eau à dos d'âne, si ce ne sont pas encore les femmes, contraintes de transporter les jerricans d'eau sur leur tête, qui subissent les contrecoups de cette dramatique situation.
Dans le même sillage, ce sont plusieurs autres communes qui attendent d'être alimentées en eau potable à partir du barrage de Tabellout. Là aussi, c'est encore l'attente qui meuble le quotidien des populations se trouvant sur les rives de cet imposant ouvrage hydraulique. Globalement, la crise de l'eau à Jijel est plus que jamais inscrite à l'ordre du jour, avec des populations courant sans cesse derrière les colporteurs d'eau. La réalisation de forages dans certaines localités n'est pas venue totalement à bout de cette crise, tandis que la mise en ?uvre de projets d'AEP d'envergure n'a pas encore étanché la soif des populations. C'est dans ce contexte que la gestion de ce problème par l'ADE est souvent contestée par les citoyens qui refusent de s'acquitter de leurs factures, au motif qu'il n'y a pas d'eau pour la payer.
Amor Z.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amor ZOUIKRI
Source : www.liberte-algerie.com