Jijel - A la une

La prix flambent toujours à Jijel



En cette période de rentrée sociale difficile, la mercuriale continue d'être au centre des préoccupations des citoyens à Jijel, où la production agricole est en grande difficulté.Alors que l'ouverture de nouveaux points de vente de l'OIAC pour proposer des légumes secs à des prix plus abordables aux citoyens à faibles revenus est à l'ordre du jour à Jijel, c'est la flambée des produits de base et des fruits et légumes qui inquiète. Dans les marchés, les étals pourtant bien achalandés n'attirent que des clients préoccupés davantage par le prix que par la tentation de s'offrir quelques produits.
Tout est cher et hors de portée du commun des consommateurs, alors que chaque jour cette flambée généralisée franchit de nouveaux pas. Le poulet de chair s'est encore envolé et s'approche désormais de la barre fatidique des 500 DA/kg.
"Il faut s'attendre à une nouvelle hausse", balance un commerçant, spécialisé dans la vente de poulet. "J'ai abandonné la filière depuis l'année dernière. Ce n'était pas possible pour moi de suivre la cadence des prix de l'aliment et de l'entretien du poulailler, sans compter les frais des soins vétérinaires, en plus d'autres pertes qui finissent de tout achever", déplore, pour sa part, un agriculteur.
Celui-ci, qui intervient également dans la production maraîchère, est loin d'être rassuré par une situation qui échappe à tout contrôle. "Non seulement la filière avicole est en crise, mais il y a aussi la production agricole qui est en difficulté. Nous faisons face au même contexte des prix des engrais et de la semence qui s'envolent, alors que c'est la période de l'arrière-saison. On nettoie, mais il n'y a plus rien dans les champs et les serres", soutient cet agriculteur.
L'arrière-saison est calamiteuse à Djimar, dans la commune de Chekfa, à Jijel, où la production maraîchère est de plus en plus en difficulté.
L'absence d'un marché de gros des fruits et légumes a compliqué la tâche aux agriculteurs, qui s'accrochent à une filière difficile à maintenir de par son coût de plus en plus élevé. Le prix à mettre pour la production agricole est surévalué, ce qui se répercute sur les prix des produits qui flambent.
Pour la production avicole, les éleveurs déplorent la hausse généralisée des prix de l'aliment, dont le quintal a doublé, et du poussin, qui frôle les 200 DA, ce qui ne permet plus aux petits aviculteurs de maintenir leur activité.
Les raisons de la débâcle de cette filière sont connues et n'échappent certainement pas à l'attention d'aucun intervenant, mais la solution n'arrive pas. "Il faut voir ailleurs, sinon personne ne peut plus travailler, comme ça on n'aura plus de quoi manger", peste un autre éleveur de volaille.
Dans la foulée des difficultés des aviculteurs, c'est un habitué des marchés de gros des fruits et légumes qui tente, à son tour, d'apporter sa propre interprétation à la hausse des prix.
"Le chargement d'un camion a augmenté de 10 millions pour moi, je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme ça", soutient ce commerçant, qui s'approvisionne du marché de gros de Chelghoum Laïd. Connu pour les prix plus abordables qu'il propose, il précise toutefois que c'est la fin de la saison qui a conduit à la hausse des prix.
C'est encore l'arrière-saison qui est évoquée pour justifier cette flambée généralisée des prix. Si la production des champs du Sud algérien est attendue pour espérer l'arrivée de plus de produits, la baisse des prix est néanmoins écartée.
C'est dans ce contexte que le consommateur doit prendre son mal en patience pour faire face à une situation qu'il ne maîtrise plus. Les légumes secs sont devenus un luxe pour lui, alors que le poulet à 480 DA est hors de sa portée, pendant que la sardine, qui amorce une certaine baisse, reste encore chère pour les bas revenus, qui ne peuvent plus s'offrir ce produit devenu encore un luxe. Quant aux viandes rouges, c'est encore inespéré de les approcher.

Amor Z.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)