Un trafic à grande échelle a fini par brader le patrimoine de la commune.
Encouragés par un laisser-faire ayant pris les proportions d'une impunité, qui leur permis de s'arroger le droit de vendre et d'acheter des terres comme bon leur semble, des trafiquants du foncier ont tout vendu dans la commune de l'Emir Abdelkader. «La situation est catastrophique», relève Samir Ben Aouata, P/APC de cette commune côtière, située à quelques kilomètres à l'est de la ville de Jijel, pour qualifier ce trafic. «Des gens de situation précaire sont devenus des riches, de vrais nababs, par le simple fait qu'ils ont vendu des terres qui ne leur appartiennent pas», s'est-il écrié. Les propos du maire sont tels qu'ils font état d'un constat d'une extrême gravité. A l'entendre s'exprimer sur ce dossier, il donne l'impression d'être impuissant pour faire face à ce bradage qui a dilapidé le capital foncier de sa commune.
«On va s'adresser aux imams pour appeler les gens à ne pas acheter des lots de terrain, car, en plus de ne pas pouvoir régulariser leurs biens, ils risquent, à l'avenir, de s'exposer à des problèmes d'ordre juridique ou administratif», a-t-il averti. En plus des tribunes des mosquées, ce responsable compte, selon ses propos, organiser des campagnes de sensibilisation pour dissuader de potentiels nouveaux acheteurs de ces terres. En l'absence de mesures que la loi dicte en pareilles circonstances, voila que notre maire innove en la matière en recourant à ce moyen pour stopper un trafic à large échelle. Ni l'administration des services concernés, ni même celle relevant du domaine communal n'ont pu agir à temps pour endiguer ce fléau à son début. Les localités les plus touchées par cet assaut inédit sont Tassoust, Boukhartoum et Bouhamdoune, selon ce que précise le maire. «Faute de terrains, nous n'avons pas trouvé d'espaces pour réaliser de nouveaux projets», a-t-il affirmé.
Pour notre interlocuteur, ce problème de la vente illégale des terres est unique dans toute la wilaya de Jijel. «On ne peut voir pareil fléau ailleurs, notre commune est un exemple «pilote» en la matière», a-t-il fulminé. «Dans la commune de l'Emir Abdelkader, on bouscule même les morts dans leur cimetière et les fidèles dans les lieux de culte, sur les routes et dans n'importe quel autre endroit, pourvu qu'il sert d'un terrain à bâtir», s'est-il révolté. Des intermédiaires (S'masria), ayant pignon sur rue, sont là pour servir de relais à ce commerce juteux et proposent des terrains à des acheteurs sous le fallacieux motif que ces lots leurs appartiennent. «On leur fait signer des documents à la commune qui n'ont aucune valeur juridique pour justifier cette vente», relève le P/APC.
Un recensement effectué fait état de centaines de dossiers, dont l'écrasante majorité est concernée par des mesures de démolition, selon le P/APC. Victime de son aura et de sa proximité avec une côte encore vierge et qui s'annonce prospère à l'avenir, la commune de l'Emir Abdelkader, qui compte plus de 45 000 habitants, sans oublier les étudiants des résidences universitaires, est devenue la destination privilégiée de beaucoup d'arrivants. L'implantation du campus universitaire de Tassoust sur son territoire a encouragé ce flux de nouveaux «migrants» à la recherche d'une place au soleil sur un littoral de 5 km.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouikri A
Source : www.elwatan.com