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La hausse des prix persiste à Jijel



La flambée des prix des viandes blanches se poursuit toujours sur les étals au niveau des marchés de Jijel.En dépit des discours rassurants du ministre du Commerce concernant un éventuel retour à la normale, force est de constater que cette hausse des prix persiste au grand dam des consommateurs. Lors de notre passage dans le marché du village Moussa, réputé pourtant pour ses prix abordables, nous avons été surpris par les prix du poulet affichés par les marchands, et qui ont frôlé les 480 DA le kg.
Le même prix est pratiqué aux marchés de Taher, Chekfa, Djemaâ-Beni-Hebibi..., et le prix du poulet chez nous oscille entre 500 et 520 da, nous a affirmé Mustapha, habitant de Texenna, fonctionnaire dans une administration publique à Jijel.
Le président de la Chambre d'agriculture de la wilaya de Jijel, Toufik Bek, attribue cette hausse à « l'instabilité des prix des aliments de volaille durant les années 2016 et 2017», ajoutant qu'ils ont tiré la sonnette d'alarme durant cette période car «le prix des viandes blanches à cette période était en deçà des charges des petits aviculteurs qui travaillaient dans des conditions critiques, voire à perte.
Ce qui a impacté leur activité surtout que notre wilaya compte pas moins de 900 serres aménagées par ces petits aviculteurs pour s'adonner à leur activité approvisionnant en grande partie le marché local». Et d'enchaîner : «La hausse des prix des matières premières entrant dans la fabrication des aliments de volaille notamment le soja, le colza, au niveau du marché mondial, ainsi que la pénurie du poussin d'un jour ont eu un impact sur le coût de cette activité, notamment pour les petits éleveurs dont des centaines ont mis la clé sous le paillasson. Cette cessation d'activité a provoqué un déséquilibre du marché des viandes blanches.» Notre interlocuteur, à titre indicatif, a souligné par ailleurs «la hausse des prix du poussin qui sont passés de 50 da à 210 dA actuellement, et la spéculation des gros aviculteurs qui détiennent les grands moyens, et par conséquent imposent leur dikta sur le marché national ».
De son côté, le secrétaire général de la Chambre d'agriculture de la wilaya de Jijel, Yacine Zeddam, souligne que la wilaya compte pas moins de 510 aviculteurs agréés qui ont une capacité de mise en place de 1 200 000 sujets chaque campagne, soit un total de 6 millions de sujets (1,2 million multiplié par 5), totalisant 15 millions de kg de production chaque année, ce qui assure la couverture du marché local en poulet, soulignant que le taux de mortalité ne dépasse pas les 6%.
Le même responsable souligne, par ailleurs, que « cette hausse est un pur acte spéculatif vu que l'approvisionnement du marché local n'a pas été perturbé. Certes, il y a eu des incendies, mais leurs dégâts restent minimes pour cette filière» et d'enchaîner que «les grands pourvoyeurs de viandes blanches, à savoir les wilayas de Batna, Sétif et Béjaïa maintiennent toujours leur cadence de mise en place du poulet bien qu'elles aient été touchées par la vague des feux d'août dernier», ajoutant que «les pouvoirs publics ont supprimé la TVA sur l'aliment du bétail pour faire en sorte que leurs prix demeurent à la portée des aviculteurs».
De leur côté, de nombreux professionnels de la filière avicole attribuent cette fièvre des prix à la pénurie du poussin d'un jour, la faillite de nombreux petits éleveurs, ce qui a provoqué un déficit de l'offre des viandes blanches fortement demandées par les bourses moyennes vu l'inaccessibilité des viandes rouges.
Bouhali Mohammed Cherif
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