Jijel - A la une

La fin des Trois Mousquetaires à Jijel



Par Kader Bakou
Les algériens aussi savent que les Trois Mousquetaires sont, en réalité quatre, comme les joyeux Charlots. Mais peu savent que leur histoire s'est terminée en Algérie, plus précisément à Djidjelli, l'actuelle ville de Jijel. En effet, le roman historique Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, paru en 1844, n'est que le premier volet d'une trilogie, comportant Vingt Ans après (1845) et Le Vicomte de Bragelonne (1847). Dans le dernier épisode de cette trilogie, Alexandre Dumas relate «l'expédition de Djidjelli», un événement historique réel qui a eu lieu en 1664 (de juillet à octobre). C'était une opération de débarquement du Royaume de France (sous le règne de Louis XIV) et de ses alliés européens sur la cité portuaire de Djidjelli. La résistance de nos ancêtres fut héroïque. Trois mois après le débarquement sur les côtes africaines, le corps expéditionnaire de Louis XIV abandonne Djidjelli et rembarque pour la France. Ce n'est pas fini ! Durant la traversée de retour, le navire La Lune coule dans la rade de Toulon et fait plus de 700 morts.
L'auteure algérienne Amira-Géhanne Khalfallah a d'ailleurs écrit Le naufrage de La Lune, un roman paru aux éditions Barzakh, en 2018.
Dans la revue Babzman, Rachid Lourdjane a écrit il y a quelques années :
«Le 21 juillet 1664, sous le règne de Louis XIV, une flotte française commandée par le duc de Beaufort, débarque à Jijel en vue d'une implantation en concurrence avec les Espagnols qui occupent Oran. L'aventure tourne mal pour les marins français affaiblis par les fièvres, la malaria et les attaques incessantes des montagnards. Le 1er novembre de la même année, le corps expéditionnaire français est forcé de quitter la ville sous un déluge de feu de l'artillerie turque. La marine française abandonne sur les rivages des blessés, des malades et une quantité considérable de matériel de guerre. Ils étaient normands, picards, bretons, anglais, hollandais et maltais. Ils ont été adoptés en raison de leur savoir technique : charpentier, bourrelier, spécialiste des cordages, de la navigation. Soignés et nourris, ils passeront chez le coiffeur pour le rituel de la circoncision et s'intègrent dans la population. Leurs descendants se reconnaissent à leur type européen prononcé et leurs patronymes plus ou moins berbérisés ou arabisés. L'événement a eu des effets durables sur la génétique, mais aussi sur les noms propres : Dupres, Oudin, Belle-Gueule, Beaufort, Bourbon qu'on devine, aujourd'hui, sous des patronymes parfaitement algérianisés.»
Si, un jour, il y a une autre «restauration» de la monarchie en France, un «Bourbon» algérien deviendra peut- être roi de France !
K. B.
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