
A part ses corniches, ses grottes «merveilleuses», son parc (Taza), que proposent la wilaya de Jijel à ses milliers de visiteurs ' Pays des fiers Koutama berbères, Jijel a vu passer plusieurs conquérants qui y ont pris pied durant plusieurs siècles : des commerçants phéniciens qui y ont installé un comptoir, en passant par les Romains, jusqu'à aux Trucs, et après les Français.Le Haut commissariat à l'Amazighité (HCA) a organisé en juillet dernier un colloque sur la toponymie. Le choix s'est porté sur cette wilaya pour rappeler en partie son passé, l'apport des berbères autochtones qui ont laissé des patronymes utilisés encore dans le langage quotidien de la population. Sauf que l'événement tenu par l'institution dirigée par Si El Hachemi Assad n'a pas suscité l'engouement de la population locale ou des nombreux visiteurs étrangers.Et ce n'est pas faute de communication. Des affiches annonçant le colloque avaient été placardées en ville, et la presse locale et nationale s'en était longuement fait l'écho. Pourquoi alors ce désintérêt ' «La population, qui a subi le terrorisme, est sevrée de ce genre d'événements. Les gens sont méfiants.Un conservatisme de bon aloi s'est installé en ville. La direction de la Culture, qui a à sa tête un formidable responsable, Si Bouhali, a fourni certes un effort louable, mais pour faire venir les gens dans les salles, il faut un travail de longue haleine», estime un participant, qui aurait voulu voir la vaste salle de la cité administrative se remplir.Le patrimoine culturel local peut-il attirer les visiteurs tout autant que ses belles plages et criques' Le directeur du Tourisme, Noureddine Mansour, contacté par El Watan, a balayé d'un revers de main cette éventualité. «On ne peut pas parler de tourisme culturel dans l'immédiat. C'est un type de tourisme qu'on pourra développer dans le moyen terme», estime-t-il. La cause ' L'absence de vestiges que pourraient admirer le touriste. Les solutions '«C'est aux services de la direction de la Culture de faire les fouilles pour déterrer les vestiges qui sont enfouis. A partir de là, on pourra parler de tourisme culturel», suggère-t-il. Le patrimoine local (matériel et immatériel) peut «attirer» des touristes qui ne voudraient pas seulement faire de la bronzette, mais connaître les traditions locales et visiter des lieux qui ont vu naître des gens qui ont participé à l'écriture du riche roman national.La wilaya de Jijel a donné au pays d'illustres personnages, comme Ferhat Abbas (1899-1985), infatigable militant et premier président de la première Assemblée constituante post-Révolution. La maison natale de ce militant, qui a vécu à Sétif, mais surtout à Alger où il a fini sa vie, a disparu faute d'entretien. Les touristes, s'ils s'aventurent jusqu'à son village Bouafroune à Ouadjana, ne découvriront rien de particulier sur place. A part des pans de murs affaissés et des pissenlits.Le directeur du tourisme soutient que le «tourisme événementiel» peut «dans ce cas» être une alternative. «La maison n'existe plus, mais le personnage, lui, existe, son histoire existe aussi. Donc, dans ce cas précis, on pourra parler de tourisme événementiel. On pourrait éventuellement organiser un colloque sur Ferhat Abbas. Mais là, il faudra trouver des professionnels pour le faire. Cet événement pourrait être organisé par la direction de la culture ou celle des moudjahidine, ou même par des agences ou un professionnel.Il faut trouver preneur. Il faut par ailleurs des clients intéressés et qui ne sont pas seulement pris en charge par l'administration», conclut le directeur du tourisme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadir Iddir
Source : www.elwatan.com