Dans le sillage du retour des estivants, c'est toute la corniche qui s'anime. Elle est captivante à plus d'un égard, à l'image des grottes merveilleuses qui accueillent des cohortes de visiteurs.Jusqu'à la plaque annonçant l'entrée dans la wilaya de Béjaïa, à l'ouest, la célèbre corniche jijélienne n'en finit pas de séduire les visiteurs, émerveillés par tant de sites, de grottes, de phares, de criques, mais aussi de viaducs, de tunnels et de plages. Taillée sinueusement à flanc de montagne, elle séduit encore et continue de séduire.
Tout au long de la route que des travaux d'extension ont rendue plus fluide en ces temps d'une activité estivale qui vient juste de reprendre, la corniche est encore plus captivante que jamais. Dame Nature l'a gâtée. Elle l'a couverte de tout ce qu'il y a de plus beau pour la rendre plus saisissante.
D'abord, c'est aux Aftis, la plus belle des plages, que l'effervescence est à son comble en ce début de week-end particulièrement caniculaire. Sur le sable doré de ce rivage, des parasols aux couleurs chatoyantes captent les regards. Dans une interminable procession, des véhicules sont stationnés aux abords de la RN 43, traversant cette bande côtière.
S'affairant à mettre tout en place, à commencer par les brochettes qu'ils découpent pendant que les rôtissoires tournent à plein régime, les restaurateurs semblent se réjouir de l'afflux d'une clientèle qu'ils auront à servir dans quelques moments. Après une longue période de disette, voilà qu'ils reprennent du service même si l'affluence est loin d'égaler les pics de la haute saison estivale des années précédentes.
Qu'à cela ne tienne, puisque le plus important est cette reprise de leur activité, rendue possible par la décision d'ouverture des plages. Dans le sillage du retour des estivants, c'est toute la corniche qui s'anime. Elle est captivante à plus d'un égard, à l'image des grottes merveilleuses qui accueillent des cohortes de visiteurs.
Même si la porte d'entrée de la célèbre grotte des stalagmites et stalactites est loin d'être encombrée, sur la route, à l'entrée du tunnel de Dar El-Oued, c'est encore une longue file de voitures qui encombre les lieux. Depuis son inauguration en 2009, ce tunnel de plus de 600 m a ajouté une plus-value touristique aux célèbres grottes, connues pour leur température, maintenue à 18°C à longueur d'année. D'abord, il a facilité la circulation dans les deux sens en direction de Jijel et de Béjaïa.
Sa conception technique a fait de lui une infrastructure incontournable pour faciliter le trafic routier. Les extracteurs d'air lui permettent une aération qui le rend plus sûr pour les usagers. À Dar El-Oued, un projet touristique d'envergure est en gestation. C'est la zone d'expansion touristique qui tarde à voir le jour pour d'inexplicables raisons, bloquant l'émergence de tels projets.
La concrétisation de cette ZET aurait donné un atout touristique plus retentissant à la région. Mais peine perdue, puisque la corniche peut se contenter des atouts naturels que Dame Nature lui a offerts. Dame Nature n'a rien laissé au hasard, en faisant de cette région l'une des plus attractives et plus célèbres à l'échelle nationale. Ghar El-Bez est l'autre grotte de la corniche.
Le site est encore un lieu de convergence des estivants, qui ne se lassent pas de se rafraîchir dans la grotte à une température également maintenue constante à 18°C tout au long des saisons. Le point noir le plus encombrant a été éliminé par la réalisation d'un viaduc, ouvert il y a deux années.
Désormais, sa traversée pour une balade au pied d'imposantes montagnes faisant face à la splendeur de la grande bleue, à Taza, ne pose plus aucun souci d'encombrement. Seul hic pour cette saison, le site est resté fermé, au grand dam de ses adeptes, qui ne font que passer sans profiter de sa fraîcheur. Peuplée de chauves-souris, la grotte de Ghar El-Bez a été aménagée de l'intérieur en un site attractif avec des jeux de lumières et des statues renvoyant à l'ère préhistorique.
Son appellation a un lien avec l'épervier, l'oiseau emblématique de la région, qui la survole sans cesse. La corniche, c'est encore l'?uvre de la nature, de cette magie divine qui l'a dotée de sites aussi féeriques les uns que les autres. Et ce ne sont pas les discours populistes de circonstance qui vont changer son destin, plus que jamais lié à ses atouts, gardant encore leur virginité naturelle.
Exit les projets touristiques tant miroités ! Rien n'a été réalisé depuis que le tourisme balnéaire à "revaloriser" s'est invité dans les discours des responsables qui se sont succédé à la tête de la wilaya de Jijel. Et comme la nature à horreur du vide, ce sont des particuliers qui ont sauté sur l'aubaine. Mais, comme toujours, dans l'informel et l'anarchie.
De riches personnes, venant de Sétif, d'Alger, ainsi que d'autres régions du pays, ont acquis en sous-main des terrains tout au long de la bande côtière pour construire des villas de haut standing. Des résidences d'été pour leurs familles, comme cela est désormais la règle aux Aftis et au Rocher-Noir. Des cités tout entières ont pris forme dans l'illicite et dans une grande anarchie urbanistique, défigurant un paysage censé avoir une vocation plus noble sur le plan touristique.
Au-delà de cette ?uvre de l'homme, qui risque de dénaturer l'?uvre majestueuse de la nature, la bande de ce littoral n'arrête pas de surprendre par ses belles plages au sable doré. El-Aouana et sa célèbre île de Dzira, son rivage de Bordj Blida (Andreu) sont à l'accueil. Jusqu'aux plages de Ziama Mansouriah, la perle de la corniche, c'est exclusivement la nature et le sable qui rendent encore plus féerique cette traversée.
La grande bleue ne profite pourtant pas à la région, qui continue, jusqu'à un passé récent, de renvoyer ses touristes en Tunisie ! "C'est plus beau qu'à El-Hammamet, mais eux (les Tunisiens), ils savent rendre plus attractifs leurs sites", regrette Riad, un Jijélien qui connaît les secrets d'une corniche ayant tout raté sur le plan des investissements touristiques. "Regardez ces box qui ne s'achèvent pas", nous interpelle-t-il à la vue du site de cette ZET d'El-Aouana, en projet d'aménagement depuis de longues années.
Un site rendu particulièrement misérable par un chantier qui continue d'encombrer les lieux. En dépit d'un plan d'aménagement touristique élaboré pour cette zone avec, en sus, un hôtel 4 étoiles, des bungalows et d'autres infrastructures de haut standing, les visiteurs continuent d'être importunés par un état des lieux des plus inconfortables.
C'est le cas de la célèbre plage du grand phare, qui n'offre que son sable rouge aux baigneurs dans un décor des plus insalubres. Le phare de Ras Al-Afia, car c'est de lui qu'il s'agit, est pourtant la fierté de toute la corniche. Chaque année, son rivage reçoit des milliers d'estivants à la recherche d'un espace de fraîcheur sur son sable qui exerce une irrésistible attraction sur les baigneurs.
L'histoire du grand phare est étroitement liée à celle de la côte ouest de la ville de Jijel, où il a été édifié, à Ouled Bounnar, par un tailleur de pierres au début du XXe siècle. L'espace est féerique, mais il a été terni par le comportement incivique ayant contribué à rendre tout son espace sale et désagréable à tout séjour. Encore une fois, la nature a tout donné, mais l'homme a tout dénaturé. Non loin de là, les criques sont à l'accueil de leurs impénitents baigneurs.
En dépit de leur caractère rocheux, elles restent l'une des principales attractions de ce littoral. Les Jijéliens de l'antique Igilgili ne se privent pas de les fréquenter à longueur d'année. Ils profitent du moindre rayon de soleil pour se lancer dans un plongeon en plein hiver. Plus à l'est, c'est la façade de Bordj Echetti, érigée en un haut lieu de rassemblement des estivants, qui boucle ce voyage à travers la corniche.
Beaumarchais, comme on l'appelle à Jijel, car c'est de cette esplanade qu'il s'agit, est devenu le point de chute, depuis son aménagement il y a quelques années, de milliers d'estivants. À la fraîcheur légendaire, l'espace offre une vue largement dégagée sur la mer.
La nuit, durant les soirées estivales, c'est l'effervescence qui bat son plein dans cet espace. Toute famille séjournant à Jijel n'a pas le droit de rater ce coin, dont les nuits colorées sont devenues un rituel estival incontournable. Ainsi s'achève la traversée de la corniche avec ses multiples facettes et secrets qui restent à valoriser.
La plage de Kotama reste la plus fréquentée de par sa proximité du centre-ville. Plus à l'est, c'est encore un littoral largement fréquenté s'étendant sur une soixantaine de kilomètres qui attire des milliers d'estivants. L'investissement touristique est encore en projection dans les multiples rivages de cette bande, réduite à son statut vierge. Aucune infrastructure touristique ni hôtelière n'est venue changer son destin.
C'est surtout le cas du célèbre littoral de Oued Z'hor, une bande côtière enclavée au fin fond des limites administratives avec la wilaya de Skikda, qui reste à explorer. Au pied des montagnes à la nature forestière luxuriante, Oued Z'hor est de plus en plus une destination privilégiée, même si elle reste fermée à toute activité estivale officielle depuis que la région a été endeuillée par le terrorisme des années 1990.
Là aussi, on promet une ZET, qui reste à concrétiser. En attendant sa valorisation, la plage est de facto ouverte par les milliers d'estivants qui l'ont investie depuis plusieurs années déjà. Et c'est dans l'informel que l'activité estivale se poursuit, en l'absence du moindre dispositif officiel. Le tourisme balnéaire à Jijel, c'est à l'ombre de l'informel qu'il prospère.
Reportage réalisé par : AMOR ZOUIKRI
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amor ZOUIKRI
Source : www.liberte-algerie.com