Fuyant les affres de la guerre qui ravage leurs pays depuis plus de deux ans, des Syriens sont de plus en plus nombreux à mendier leur pain quotidien à Jijel.Des scènes poignantes de petits enfants dans les bras de leurs parents sont désormais le décor choquant devant les mosquées et dans les rues. Si officiellement ces Syriens, qui sont considérés comme des hôtes de l'Algérie et non des réfugiés, comme on nous l'a si bien signifié, sont pris en charge dans des centres d'accueil qui leur sont consacrés dans plusieurs villes de la wilaya, leur sort demeure, cependant, atroce. Ils sont livrés à un état de détresse sans pareil. Facilement reconnaissables à leurs passeports qu'ils brandissent dans leurs mains, mais aussi à leur accent bien compris par les Algériens qui ne se lassent pas de suivre les feuilletons télévisés de ce pays martyr, ces hôtes de l'Algérie comme on les appelle officiellement, sont plongés dans une misère indescriptible. A cause de l'entêtement, voire la bêtise des uns et des autres, ils sont là à Jijel, à El Milia, et ailleurs dans les autres villes à s'adonner à la mendicité.
Depuis le début du Ramadhan, le désespoir les a poussés à prendre le chemin des mosquées des bourgades les plus reculées dans l'espoir de trouver de l'aide auprès de la population. Beaucoup de citoyens affirment d'ailleurs qu'ils vivent mal la situation de ces Syriens. «Ça me choque de les voir dans cet état, un peuple que j'ai toujours respecté de par sa grande culture et sa civilisation ne mérité pas de tomber si bas, je suis solidaire avec leur cause, et même si je leur donne ce que je peux, je suis triste de ne pas pouvoir soulager leur misère», se révolte Hamid, un homme d'un certain âge. Et d'ajouter : «C'est ça le printemps arabe dont on nous vante les bonnes vertus ; pourquoi ces révoltes ne soufflent pas sur les pays du Golfe qui financent le terrorisme et les mercenaires pour détruire ces peuples '» Cruel destin pour ces hommes et femmes qui avant de basculer dans l'arène de la violence dictée par un radicalisme islamiste des plus aveugles, jouissaient d'une vie paisible et prospère ! « Mes larmes ont coulé à la vue de ces familles ; je n'ai pas pu me retenir devant une femme qui s'est mise à l'écart, pendant que son mari crie de toute sa voix pour appeler à l'aide des fidèles», témoigne d'une voix pathétique un jeune fidèle à la sortie d'une mosquée.
Si certains de ces Syriens, installés à Jijel pour des rasions professionnelles se sont familiarisés avec le mode de vie des Algériens en louant maisons et autres appartements, d'autres n'ont rien trouvé que de mendier et coucher à la belle étoile pour survivre. Une source à la wilaya que nous avons interrogée sur le sort de ces «hôtes», qui sont bien dans la peau de réfugiés misérables, a affirmé que ces Syriens ne veulent pas des centres d'accueil qui leurs ont été proposés. «Toutes les familles qui se présentent à ces centres sont prises en charge, même si elles sont nombreuses, la capacité d'accueil de ces lieux d'hébergement sont capables d'offrir un gîte et de la nourriture pour tous», nous assure-t-on. Quant au nombre de ces Syriens, notre source préfère ne rien avancer, même si elle avoue qu'il y a des statistiques, mais qui ne sont pas disponibles pour nous. Toutefois, il semble que ces réfugiés sont suivis à la trace par les services concernés.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouikri A
Source : www.elwatan.com