L'émission de la radio régionale de Jijel a réussi à casser le tabou de la situation sociale dans la wilaya de Jijel en invitant pour son édition de dimanche dernier la directrice de la DAS qui a répondu avec courage et sans le moindre tabou aux questions touchant à la réalité de son secteur. D'abord, il faut retenir ce chiffre de 18.388 familles démunies recensées dans la wilaya de Jijel où on a également noté une tendance à la hausse de la pauvreté par rapport au dernier recensement effectué en 2006. Issus de milieux défavorisés, ces démunis, identifiés, selon les affirmations de Mme Gouah Samia, responsable de la DAS, à la base d'une enquête sociale menée dans les communes de la wilaya, sont généralement des personnes tombées au chômage après la liquidation de leurs entreprises ou des ex-détenus abandonnés par leurs familles. Les femmes, dont les mères célibataires également laissées pour compte par leurs familles pour laver l'affront et le déshonneur subi par la grossesse illégitime de leur fille, représentent une part des personnes démunies qui sollicitent l'aide et le soutien de la DAS. Le cas de la séparation des couples est aussi un facteur dans la déchéance sociale de certaines personnes qui se retrouvent du jour au lendemain sans famille ni protection, selon la responsable de la DAS. Celle-ci a indiqué que 15 à 20 familles sont assistées chaque semaine par les services de son secteur qui restent, faut-il le souligner, débordés par l'ampleur du drame social qui secoue toutes les régions de la wilaya, en dépit des efforts consentis pour endiguer un tant soit peu ce phénomène. Ceci dit, l'action de la DAS est inscrite en droite ligne dans le souci de s'occuper de tous ceux dont on ne s'occupe pas, selon les affirmations de Mme Gouah Samia. Parmi les actions menées par son secteur, celle-ci a parlé des randonnées effectuées à partir de 19h, avec les services de la protection civile en cette période de froid, pour ramasser les SDF dans la ville de Jijel. Cette action reste, hélas, circonscrite à la ville de Jijel, a reconnu la directrice de la DAS, après avoir été interpellée sur cette question par l'animateur de l'émission. L'affaire des orphelines et des veuves rayées des listes du filet social au motif qu'elles sont considérées comme étant des indus bénéficiaires de l'indemnité des activités générales (IAG) a été soulevée au cours des débats amenant la responsable de l'action sociale à reconnaître le fait qu'elle a pris des décisions difficiles, a-t-elle dit, pour appliquer les textes émanant de sa hiérarchie. Toutefois, la même responsable a indiqué que le cas de ces veuves et orphelines est à l'étude à la direction générale et que leurs postes n'ont pas été pourvus à la demande de la DAS en attendant la décision des organismes concernés qui sont appelés à trancher sur cette affaire. Cette même affaire a ébranlé, faut-il le rappeler, la conscience des citoyens en apprenant que des êtres aussi fragiles ont été privés d'un minimum de revenu dans un contexte social très difficile. Faisant le détail de cette action impopulaire qui n'émane pas, faut-il le reconnaître, de ses compétences, la directrice de la DAS a indiqué dans ce contexte que 55 bénéficiaires de l'IAG et 25 autres bénéficiant de l'allocation de solidarité familiale (ASF) ont été privés des indemnités qu'ils percevaient à la faveur de cette décision. En tout, a-t-elle conclu, ce sont 38 orphelines, 6 veuves et 11 pères de familles qui ont été touchés par cette mesure. Après avoir évoqué le drame social des enfants assistés et les efforts consentis pour les prendre en charge pour ne pas les laisser à la merci des caprices de la rue, la première responsable de la DAS a passé, suivant les débats de l'émission, à un autre sujet non moins brûlant qui a trait au phénomène des mères célibataires qui reste une plaie dans le climat social déjà détérioré dans cette wilaya. D'emblée, l'invitée de l'émission a indiqué qu'après avoir été récupérées par la DAS, 20 à 30% des mères célibataires qui perçoivent, faut-il le souligner, une pension si elles s'occupent de leurs enfants, persistent dans leur péché et le mauvais chemin qui les a conduites dans cette situation. «Certaines de ces mères célibataires ont même bénéficié d'un logement, malheureusement, elles ont persisté dans leur mauvaise conduite. D'autres, par contre, refusent tout bonnement de sortir des hôtels où elles sont hébergées, malgré les sollicitations de la DAS qui leur a promis de leur trouver un logement à condition qu'elles abandonnent le milieu dans lequel elles persistent». Toutefois, selon les chiffres fournis aux auditeurs et journalistes présents au studio, le phénomène des mères célibataires a connu une certaine baisse depuis 2003 lorsque le nombre de ces filles était à 50. En 2006, ce nombre a reculé pour s'établir à 33 avant de tomber à 29 en 2007. Quant à ces mères célibataires, elles sont généralement issues des milieux défavorisés des communes éloignées de la wilaya, a conclu la directrice de la DAS.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zouikri
Source : www.lequotidien-oran.com