Jijel - A la une

Jijel : Des jeunes sans perspectives à Ouled Rabah



Mercredi 17 octobre. En ce jour de célébration nationale de la journée de l'émigration, une délégation de la wilaya de Jijel, conduite par le wali, Bachir Far, a mis le cap sur Ouled Rabah, l'une des communes les plus enclavées et les plus pauvres pour marquer cet événement.Après avoir emprunté les chemins sinueux de cette région sur une route dégradée, qui a vu le projet de son aménagement gelé pour cause de cette crise qui frappe encore le pays, le cortège officiel arrive sur les lieux. Il marque d'abord une halte devant une stèle inaugurée en la circonstance à la mémoire des chouhada de la région. Tout juste après, on passe à la baptisation d'une cité au nom d'un martyr, tombé les armes à la main, pour défendre son pays. Et c'est en plein c?ur du centre urbain de cette commune que se déroule le reste du programme de cette commémoration.
Au milieu d'une foule, qui s'est massée à l'arrivée de la délégation, conviée à visiter une exposition sur des produits agricoles locaux, quelques voix se sont élevées pour revendiquer un contact avec le wali. A quelques pas de là, des jeunes nonchalants observent la scène. Visiblement peu soucieux de ce qui se passe autour d'eux, ils semblent absorbés par une banale discussion sur leur vécu quotidien. «Alors les jeunes, vous allez bien '», nous adressons nous à eux. «Ça va», rétorquent-ils.
D'un échange à l'autre, on découvre des âmes meurtries par l'incertitude qui ronge leur existence à la fleur de l'âge. «Que voulez-vous que je fasse, il n'y a rien ici, il n'y a pas de travail, il ne me reste que la ville d'Alger où je me rends de temps en temps pour passer trois mois à faire le métier de plongeur dans des restaurants pour ensuite revenir avec un peu d'argent de poche», balance Hakim.
A 24 ans, ce jeune, tenant entre ses doigts sa cigarette et son pot de café explique que ni lui ni ses amis n'ont la possibilité de changer le cours de leur destin. «C'est notre destin, on n'y peut rien, vivre ici c'est être condamné», lâche-t-il. «Et le maire de la commune que fait-il pour vous '», lui demandons-nous. «J'avoue que c?est un maire très dynamique, qui bouge, qui fait tout ce qu'il peut, mais la situation reste la même, il n'y a rien ici», insiste-t-il. Dans son réquisitoire sur son malheureux destin, Hakim affirme avoir passé un stage de maçon au centre de formation de Sidi Marouf, mais peine perdue pour lui, puisqu'il n'a pas trop tardé à se fracturer la main dans un chantier.
«Je ne peux plus exercer ce métier», se désole-t-il. Désabusé, il dit ne plus avoir la force de réagir pour changer sa vie. «Même la harga ne me tente pas, elle ne nous tente pas ici parce qu'on sait qu'il faut d'abord réussir ici pour pouvoir réussir là-bas, non, la harga n'est pas une solution», soutient-il. Hakim n'est à vrai dire que le profil de cette jeunesse qui fait face à des horizons brumeux dans cette région réduite à son statut précaire. Ici, dans ce bourg, autour duquel sont éparpillées des mechats, que des projets de routes ont pu cependant désenclaver, la vie ne tient qu'à de simples v?ux qu'expriment des jeunes voulant juste bénéficier d'un petit poste d'emploi. Un v?u pieux dans leur monde rural qui ne leur permet même pas de labourer une terre loin d'être cultivable de par son relief accidenté.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)