Face au déficiten infrastructures d'accueil et les prix jugés exorbitants de certainsétablissements hôteliers, un grand nombre d'estivants et de visiteurs en quêtede moments de détente et de repos sur les 120 kilomètres, préfèrent louer desmaisons chez les particuliers dans les communes et localités côtières. Cetteoption est l'origine de la prolifération d'un nouveau commerce qui prend deplus en plus d'ampleur, à savoir la location des appartements et de logementsaux estivants dont un grand nombre d'entre eux sont issus des régions de l'Estdu pays connues par leur conservatisme, dont, entre autres, Constantine,Biskra, Oum El-Bouaghi, Aïn M'lila, et de certaines wilayas de Sud tellesOuargla. Les visiteurs des différents quartiers de la ville de Jijel, notammentsur les hauteurs de Ayouf, et un certain nombre des localités côtières, serontfrappés par le nombre impressionnant des annonces placardées sur les vitrinesdes commerces et des superettes, à l'intérieur des KMS et des espaces publics,sur lesquelles on peut lire «Pour vos vacances d'été, loue un F3 au bord de lamer, contactez...» Un nouveau phénomène qui prend de plus en plus d'ampleur enraison de la difficile conjoncture économique qui semble imposer aux habitantsdes localités et régions côtières, de nouveaux réflexes pour qu'ils puissentfaire face aux besoins de la rentrée sociale et le mois de Ramadhan et salourde facture, en cette période caractérisée par l'érosion du pouvoir d'achat.On chuchote çà et là que ce nouveau phénomène touche même des logements defonction et d'astreinte appartenant à certains organismes étatiques. Interrogépar nos soins sur le motif de cette option, le père d'une famille composée desix personnes, originaire de la wilaya de Constantine, qui a l'habitude depasser ses vacances à Jijel, nous a affirmé qu'il loue chaque été, pendant unedizaine de jours, un F3 meublé (une TV, un réfrigérateur, une parabole, desmatelas) chez la même famille depuis huit ans. «Au début, on louait à 1.000dinars la nuitée, actuellement on paye 2.500 dinars. C'est mieux qu'un hôtel,même pas classé, à 4.500 dinars la nuitée pour une simple chambre dépourvue decertaines commodités». Il convient de signaler que ce nouveau commerce, qui estl'origine de la prolifération de nombreux intermédiaires dans la location deshabitations durant la période estivale agissant dans l'informel, a aussi causéune crise profonde dans le marché de location de logements durant les autresmois de l'année, car les propriétaires de ces logements exigent aux locatairesde quitter les lieux durant les mois de juillet et août pour qu'ils puissentles louer aux estivants. Une manière pour eux de tirer profit de leur rente. Uncommerce informel juteux, faute d'une réglementation régissant ce genre depratiques dont les gérants doivent payer le fisc.Pour cette année,tirant profit de la cherté des prix pratiqués par les gérants d'hôtels, lespatrons de ce nouveau commerce ont imposé leur loi en cette période de moisd'août enregistrant généralement le pic en nombre d'estivants.A ce sujet, lalocation d'un F3 modestement meublé à Jijel, qui était de 1.500 dinars lanuitée il y a deux ans, atteint actuellement 3.500 dinars la nuitée, alorsqu'un étage de «villa» non achevée avec garage dans la localité de SidiAbdelaziz, située à 20 kilomètres du chef-lieu de la ville de Jijel, qui étaità 1.000 DA la nuitée en 2005, a atteint maintenant 4.000 dinars, soit 40 euros.Une somme qui est supérieure à celle du prix d'une nuitée dans un hôtel hautstanding, et des services impeccables dans la splendide ville de Sousse et sesmerveilleuses medinas.Interrogés parnos soins concernant la faible affluence d'estivants et visiteurs sur les côtesjijeliennes comparativement à ces deux dernières années, certains l'attribuentà la cherté des prix de ces locations saisonnières (qui échappent au fisc) etla qualité de services qui laisse à désirer ainsi que la persistance decertains réflexes, notamment chez les commerçants du chef-lieu de la ville deJijel qui ont du mal à se débarrasser de la sieste pendant l'été. «C'estinsensé que la vie s'arrête à midi dans une ville touristique», déplore unjeune en tenue d'été à la recherche vainement d'un photographe pour acheter unepellicule pour immortaliser son séjour dans la ville de Baba Arroudj.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Bouhali M C
Source : www.lequotidien-oran.com