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Houda, une Française heureuse à l'indépendance



Houda, une Française heureuse à l'indépendance
Le cas de Houda ' qui porte un nom musulman depuis sa conversion à l'islam et qui a refusé qu'on dévoile son nom français ' est assez unique, puisque cette femme originaire du sud de la France et vivant actuellement à Jijel, n'a pas mis les pieds dans le pays qui l'a vu naitre depuis plus de 50 ans. Mariée à un Algérien depuis l'âge de 22 ans, cette grand-mère parle aisément l'arabe avec cet accent particulier des Jijelis. Elle est aujourd'hui bien entourée par ses enfants et ses petits-enfants. « Bien sûr que je n'ai pas oublié ma famille là-bas en France, mais je reste très attachée à Jijel. Je n'ai pas quitté cette terre depuis les années 1950, car même si je suis née en France, je n'ai gardé aucun souvenir de ce pays. Mes parents sont venus en Algérie lorsque j'avais 3 ans, et tous deux sont enterrés ici. Mon dernier voyage en France, je l'ai fait en compagnie de mon mari quelques années avant l'indépendance », dit-elle. Sa rencontre avec son époux a changé le cours de sa vie même si la guerre avait commencé depuis deux ans. « Mon mari m'a épousé en 1956, j'avais 22 ans et c'était en pleine guerre. Cette union entre un musulman et une Française était assez rare dans une petite ville comme Jijel. Et pourtant, j'ai été très bien accueillie par ma belle-famille. J'avoue que même aux pires moments de la guerre, je n'ai pas été une seule fois inquiétée. Mais j'avais peu de contacts avec les Français, mis à part des amis de la famille. » Comme toutes les communautés vivant en Algérie à cette époque, Houda garde de mauvais souvenirs de la guerre. « La guerre se passait surtout la nuit, mais j'ai assisté à quelques scènes horribles comme la mort de deux cousins de mon mari tués par l'armée française ou des rafles que menaient les soldats. Mais le pire souvenir, c'est le déploiement de l'armée dans les environs de Jijel car toute la région s'est embrasée à la fin des années 1950. Les camions et les blindés de l'armée étaient partout, on ne pouvait plus sortir et lorsqu'il y avait des morts dans les rangs des Algériens, je me souviens qu'on ressentait de la tristesse durant plusieurs jours ». Le 5 juillet 1962 est une date qui a marqué Houda. Elle a partagé sa joie avec son mari, ses enfants et ses voisins. « L'indépendance de l'Algérie, je l'ai vécue comme tout Algérien. J'étais heureuse que la guerre soit enfin terminée et que l'Algérie retrouve son indépendance. Nous avons fêté cela durant plusieurs jours », se souvient-elle.
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